Table
des matières
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Quelques lignes qui pourraient tout changer par le Dr Christian Peyrat
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Lien familial, une affaire de liens
par le Dr Ladislas
KISS, psychiatre
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La Mémoire de l'enfant
par Christian PEYRAT, Pédiatre
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Les troubles de l'écriture chez l'enfant, l'adolescent
par Josiane DELORME, Graphothérapeute
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L'adolescent par le Dr Valérie FOUSSIER,
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L'adolescence par Huguette PIRONET, Psychologue
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Talent intellectuel et prévention chez l'enfant en bas âge
par Christian PEYRAT, Pédiatre
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Le sens de l'effort , par Arielle ADDA, psychologue
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La Forêt dans ses rapports avec la symbolique et la mythologie
par le Dr Ladislas KISS, psychiatre
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Quand l'enfant doué est qualifié d'agité, par Arielle ADDA, psychologue
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Mise au point sur l'hyperactivité de l'enfant et l'adolescent, par le Dr Ladislas KISS
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Trouble de l'activité , par le Dr BENHAMMOU HOUYAM
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Le conformiste , par Arielle ADDA, psychologue
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Faut-il consulter un psy ? par le Dr Ladislas
KISS, psychiatre
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Les regrets, par Arielle ADDA, psychologue
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Août - Septembre 2010
Quelques lignes qui pourraient tout changer !
Dr Christian PEYRAT
Une mère défenestre son fils de 15 jours « parce qu’il criait trop !»* : L’enfant est mort sur le coup.
Un père secoue violemment le sien « parce qu’il pleurait et criait tout le temps»* : Hospitalisé pour malaise et état neurologique grave, son enfant restera lourdement handicapé.
Sur tous les continents depuis des décennies cela ne cesse de se produire malgré tous les efforts entrepris. Les souffrances et le nombre de ces innocentes victimes demeurent sous-estimés.
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Et si l’on pouvait enfin aller au devant de ceux qui n’ont pas aujourd’hui la chance de pouvoir y échapper, en leur offrant dès la maternité un moyen très simple susceptible d’orienter positivement et durablement les relations parents-enfant ?
Et même au-delà de cette dramatique particularité, nous savons que la plupart des autres sont trop souvent mal compris par leur entourage en proie au doute, à la peur ou à la culpabilité, visiblement imprégnés d’un héritage environnemental perturbant leur perception de l’autre, car encombrés d’idées reçues interprétatives et injustifiées qui ont la vie dure.
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Et si ces derniers pouvaient également bénéficier, partout dans le monde, du même accompagnement très précoce permettant alors aux adultes de tisser librement leur Lien affectif grâce à ce qu’il convient d’appeler un « cortège complet et précis d’échanges naturels», dont ils ignorent l’existence ou qu’ils négligent par simple méconnaissance de leur mise en œuvre ?
Dans cette période cruciale de développement de la personnalité de l’enfant et de modification de l’équilibre familial, c’est précisément en vue
de garantir immédiatement à tous d’excellentes conditions d’accueil d’une nouvelle vie
et de partage d’un bonheur intense, tant espéré
, que je propose cette marche à suivre préventive au sein du documentaire audiovisuel en cours de réalisation, intitulé :
« Bon sens et bonheur dès l’aube de la vie »® ainsi que dans le but de faire
disparaître de la « une » ces drames insupportables
.
*Toutes les études confirment ce comportement des enfants en danger, au sein d’un contexte de fragilisation, fatigue, culpabilité, peur-panique, incompréhension, isolement, etc…
Une note sur la première page du site signalera la parution de ce documentaire (décembre ou janvier)
Dr Christian PEYRAT
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Lien familial, une affaire de lie
ns
Dr Ladislas KISS
Ou dangers et travers de certaines positions théoriques expertales au nom d’une meilleure protection de l’enfant
Positionné loin des conceptions et de la pratique de certains pédopsychiatre, j’émets les plus grandes réserves sur l’objectivité des dires, écrits, pièces apportés aux dossiers des expertises demandées ou ordonnées en cas de maltraitance infantile ou de litiges sur les droits de gardes.
En effet l’enfant, même adolescent, lorsqu’il est amené à témoigner pour ou contre un parent, se retrouve précipité dans la position intenable, de conflit de loyauté en devant juger ses parents pour son bien-être. On sait très bien qu’un enfant ou un adolescent ne peut, par essence, être objectif du fait même de son immaturité et surtout de son stade de développement psychoaffectif qui risque de le pousser à choisir plutôt un parent qu’un autre plus en vertu de ses conflits oedipiens réactualisés et non dépassés que dans l’intérêt de son équilibre ultérieur.
Dans les familles dysfonctionnelles ou en proie au déchirement se surajoute aux conflits infantiles de loyauté ou oedipiens, la fragilité des allégations parentales exerçant souvent des pressions psychologiques conscientes ou inconscientes en vue d’obtenir égoïstement certains avantages narcissiques et/ou économiques. Je renvoie le lecteur aux travaux portant sur le syndrome d’aliénation parentale (P.A.S) , très bien décrit par Gardner et de Boch-Galhau (www.rgardner.com), qui font état de la réalité des " lavages cerveaux " des enfants par l’un ou l’autre des parents réussissant souvent à mystifier
juges et experts. Je le répète, la plupart du temps se joue autour de la garde des enfants, en dehors d’un besoin de restauration narcissique, des revendications économiques portant sur les pensions alimentaires ou les prestations compensatoires susceptibles de grever durablement l’avenir socioéconomique de l’un des parents ou de servir de rente économique voire d’exutoire, de vengeance dans une volonté de mise à mort. Le malheur c’est que très souvent ces " parents " dépressifs ou haineux n’hésitent aucunement, dans leur aveuglement, leur souffrance, leur folie ou leur position vengeresse, à donner
en pâture leur(s) propre(s) enfant(s) à une justice de plus en plus aveugle, trop prudente qui s’appuie sur des textes de lois totalement obsolètes.
Quant au rôle de l’expert, il reste, selon moi, très équivoque et certainement la plupart du temps bien néfaste dans la mesure où, dans sa mission, il lui est demandé de juger si l’un ou l’autre des parents est plus à même d’apporter les soins les plus adéquats pour l’équilibre de l’enfant. Or, selon les connaissances actuelles de la science pédopsychiatrique et de la psychologie, en dehors de très rares cas faisant état de sévices moraux et physiques réellement prouvés et non sur de simples allégations, il est établi indiscutablement que l’enfant a besoin fondamentalement de ses deux parents pour se construire
quels que soient leurs qualités ou leurs défauts. Et ce d'autant plus qu'il est reconnu combien les non-dits, les secrets de famille peuvent perturber profondément et durablement l'organisation psychique et fantasmique des sujets à travers les générations. (3) (4)
Ainsi Gauthier et coll. (5) partagent notre avis de la perversion du cadre de l’expertise d’enfants dans les affaires concernant le divorce des parents : "il faudrait également voir à l’élaboration de normes scientifiques et déontologiques susceptibles de mieux encadrer cette pratique et de minimiser, sinon d’éliminer le recours à des techniques d’entrevue ou d’observation dont le caractère fragile, voire douteux, a déjà été signalé par nombre d’auteurs".
Sans exagérer j’affirme comme le prouve régulièrement la clinique qu’un enfant ne peut se couper de ses liens de filiation sans dommages.
Il est à regretter que ne soient pas plus souvent pris en considération les bénéfices de la garde alternée pour les enfants En effet, comment peut-on accepter les habituelles prises en charge le week-end des petits de moins de 3 ans par leurs grands-parents, gardes de week-end qui sont par ailleurs refusées néanmoins à un père sous prétexte que "ce n’est qu’à partir de 3 ans que l’enfant
devrait pouvoir s’éloigner de sa mère régulièrement pendant un week-end complet"?
Pourquoi donc les juges des affaires familiales (à forte représentation féminine) n’interviennent-ils pas pour interdire de "week-end sans enfant" toutes les mères qui désirent légitimement se détendre ou souffler un peu en laissant le soin de leur enfant aux grands-parents? Mais alors comment comprendre la position relativement dogmatique de ceux qui n’envisagent pas la possibilité d’une garde alternée avant l’âge de 6 ans, alors que bien des enfants plus jeunes passent des semaines, voire des mois de vacances entiers chez leurs grands-parents, oncles, tantes ou cousins sans aucun dommage apparent?
Y aurait-il deux poids deux mesures entre les couples divorcés et non divorcés pour confier un enfant de moins de 3 ans à une tierce personne pleinement responsable? J’aimerais avoir une explication rationnelle!
Pour ma part, j’affirme qu’il est indispensable que l’enfant puisse entretenir régulièrement avec chacun de ses parents des relations suffisamment longues et fréquentes afin qu’il puisse les connaître, se repérer par rapport à chacun d’eux en négatif ou en positif même si l’un ou l’autre est fou, délinquant ou atteint d’incurie. Seule cette disposition lui permettra de s’autonomiser psychiquement une fois devenu adulte.
En effet, il n’est rien de plus déstructurant pour un enfant que de le laisser se construire dans sa tête des fantasmes de figures parentales "irréalistes" (dévalorisées ou extraordinaires) pour combler un vide qu’aucune réalité ne pourra jamais contrecarrer encore moins celles de parents adoptifs qui ne ferait que masquer le problème
Bien sûr, en cas de franches perturbations psychologiques, relationnelles ou d’accueil, il est indispensable de pouvoir ordonner des dispositions d’aide matérielle et psychologique pour chacun des membres de la famille (père, mère, enfant). Des entrevues familiales sous médiation devraient être imposées et non simplement proposées par le juge, comme c’est le cas actuellement en France, ce qui permettrait d’éviter les manipulations ou les dramatisations au sein de certaines configurations familiales dysfonctionnelles. Toutes ces nouvelles dispositions souhaitables ne peuvent se mettre en place qu’avec une volonté affirmée
de se doter enfin de tous les moyens législatifs, humains et financiers qui ont su par ailleurs (Québec) donner des résultats plus que probants.
Docteur Ladislas KISS (psychiatre)
1) Kiss L. Des processus de changement. Ed. Karpathos, 2002.
2) Kiss L. Arrêtons le massacre, séparations des parents, incidences pour les enfants. Ed. Karpathos, 200
3) Tisseron L. Les secrets de famille. Ed. Marabout, 1997
4) Hefez S. Quand la famille s'en mêle. Ed. Hachette, 2004
5) Gauthier L. et coll. Enfants et parents devant la justice. Psychiatrie, recherche et intervention en santé mentale de l’enfant, Prisme, vol.7, n°1, printemps 1997.
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L'adulte redoute sa propre incompétence et ses peurs-paniques face au défi qui s'impose, et cherche les moyens de réussir sa parentalité
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La mémoire de l'enfant
Dr Christian Peyrat
Son implication émotionnelle dès le très bas âge.
Ses conséquences familiales, scolaires.
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Ou : « On ne choisit pas ses parents ! »
« …Ni son prénom ! » comme me l’a précisé et l’a beaucoup regretté une adolescente précoce.
1.
Dès avant sa naissance, et jusqu’à la fin de sa croissance, l’enfant s’imprègne de son environnement agit, apprend, réagit et se souvient:
Il forge ainsi sa propre expérience de vie au contact de son entourage.
Il reçoit de ses proches affection, attentions et soins qu’il ressent comme « normaux » et qui façonnent le développement de sa personnalité, conditionnant tout son avenir psychique.
Les émotions sont donc omniprésentes et ont des conséquences neurobiologiques qui peuvent être irréversibles malgré les thérapeutiques modernes qui sont aujourd’hui à notre disposition.
2.
Mémoire et émotions :
LA MEMOIRE A LONG TERME
La réponse émotionnelle peut être de plusieurs types :
· Réponse comportementale défensive
· Réponse autonome (rythme cardiaque, pression sanguine)
· Réponse endocrines (libération d’hormones lors d’un stress)
· Altération de la sensibilité à la douleur (analgésie)
· Expression de réflexes
De manière générale, en neurobiologie, le système limbique est souvent associé aux émotions.
La forme explicite (déclarative) de la mémoire correspond à un traitement élaboré et à une restitution explicite et consciente de l’information
La forme implicite (non déclarative) correspond à des réponses comportementales ou autonomes.
L’EMOTION AU SERVICE DE LA COGNITION,
LA COGNITION AU SERVICE DE L’EMOTION.
L’émotion est ainsi au service de la cognition.
Réciproquement, ressentir une émotion consisterait à percevoir un changement de son propre état corporel associé à des représentations d’un phénomène donné. La cognition est donc aussi au service de nos émotions
Pour pouvoir sélectionner préférentiellement un choix, il nous faut donc avoir préalablement attribué une valeur émotionnelle à ce choix.
3. A – Comprendre la mémoire du petit enfant :
Les capacités mnésiques du nourrisson au cours de la première année de vie font l’objet d’hypothèses qui ont en commun le constat suivant :
Il est rare que les enfants se souviennent d’événement survenu avant l’âge de 2 ou 3 ans car il n’y a pas de remémoration. Ce n’est pas pour autant que l’élément mnésique n’existe pas à cet âge. C’est le développement du Soi comme capacité à se reconnaître différent des autres qui est le facteur clé dans le stockage de l’information personnelle. Ce n’est que vers 20 à 24 mois que les enfants vont acquérir la capacité de dire Je ou Moi.
4. B - La maturation du système de mémorisation, et l’âge de son fonctionnement réel :
Le
système limbique
est la structure cérébrale située au centre de ce processus qui comprend :
L'amygdale cérébrale permet la mémorisation inconsciente, automatique de l'information à connotation émotionnelle
alors que l'hippocampe est impliqué dans la formation de la trace mnésique explicite. Or la maturation de l'hippocampe ne commence que vers 8-9 ans et n'est effective qu'à 25 ans.
On distingue la mémoire déclarative ou explicite qui est celle de tout ce
dont on a conscience de se souvenir et que l’on peut décrire verbalement.
D’autre part il existe une mémoire non déclarative que certains appellent aussi mémoire implicite parce qu’elle s’exprime autrement qu’avec des mots.
Les bases du système mnésique qui permet d’encoder, de stocker et de retrouver des informations sont présentes très tôt au cours de la vie.
L’amnésie infantile se comprend comme l’impossibilité pour les adultes à rapporter verbalement des événements qui se sont produits pendants les deux ou trois premières années de leur vie.
De plus l'acquisition du langage sous toutes ses formes, dessin, verbalisation, etc est indispensable pour l'expression de la mémoire explicite.
D'un point de vue théorique la mémorisation implicite d'un stimulus douloureux pourrait modifier la réponse de l'organisme à une nouvelle expérience douloureuse sans que l'individu soit conscient des raisons de sa réaction comportementale.
5. C – Mémoire du jeune enfant lors d’évènements désagréables
Le processus de mémorisation de l'enfant et ses conséquences
La mémorisation fait appel à des processus d'acquisition et de stockage puis de rappel de ces acquisitions. Cette dernière étape (le rappel) doit s'exprimer de façon explicite (l'enfant se souvient de l'expérience passée) ou implicite (rappel inconscient de l'expérience passée).
Perception traumatique inconsciente et délétère dans le très jeune âge :
Il existe donc dès le plus jeune âge une possibilité de mémorisation implicite d’événements désagréables ou traumatiques. Or l’enfant de cet âge, incapable de mémoriser de façon explicite ces événements peut manifester des troubles comportementaux ou des peurs irraisonnées lorsqu'il est soumis ultérieurement à un stimulus du même ordre Ce comportement peut se prolonger à l'âge adulte chez des patients prédisposés
6. Conclusion :
D'un point de vue théorique, la mémorisation implicite d'un stimulus aussi fort et répétitif que la maltraitance, peut donc en parallèle modifier la réponse à long terme de l'organisme de tout enfant confronté à une nouvelle expérience douloureuse ultérieure même si elle est sans rapport avec la première.
L'enfant cumule ainsi plusieurs aspects péjoratifs des conséquences de situations vécues comme traumatiques dans le plus jeune âge :
1) la maturation de l'hippocampe ne commence que vers 8-9 ans au sein du système limbique présent dès la naissance et qui est au centre de ces processus
2) l'amygdale cérébrale permet la mémorisation inconsciente et automatique de l'information à connotation émotionnelle
3) l'hippocampe impliqué dans la formation de traces mnésiques explicites sera d’un secours bien trop tardif
4) le calendrier d'acquisition du langage sous toutes ses formes, dessin verbalisation, etc …, est responsable de l'expression de la mémoire explicite qui lui est donc aliénée.
5) La thérapeutique consistant à soulager les événements désagréables, passe par le langage et par la compréhension consciente des stimuli douloureux et du phénomène subi.
Les enfants de cet âge – et de très bas âge – qui en sont dépourvus, sont donc victimes du cumul de tous ces facteurs.
Tout lecteur peut ici mesurer l’effet destructeur de l’impact de la maltraitance volontaire dans tous ses degrés, depuis la simple négligence, jusqu’aux sévices, en passant par les relations extrafamiliales (début de confrontation en première année de scolarisation par exemple).
Message aux adultes devenus parents :
Assurons la « bientraitance de nos enfants »
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L'adulte redoute sa propre incompétence et ses peurs-paniques face au défi qui s'impose, et cherche les moyens de réussir sa parentalité
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L'enfant a d'emblée besoin d'une vie harmonieuse parmi les siens eu égard à l'extrême importance que revêt la qualité du Lien affectif au service de la construction de sa personnalité ainsi que de son avenir psychique.
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Posez vous régulièrement la simple question de savoir tout ce que vous attendriez ou aimeriez entendre de la part de cet adulte, en face de vous, dans la vie courante, surtout en cas de tension ou de conflit annoncé "comme d'habitudes" aboutissant à ces fameux caprices".
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« Savoir se donner les moyens de comprendre ce que vit réellement un tout petit dans sa conscience et sa mémoire, c’est pouvoir lui garantir un bien-être inestimable ».
"Dès son plus jeune âge, imaginez vous donc, bien plus souvent,
à la place de votre enfant spectateur-acteur pour comprendre son attente et qu’il demeure en phase avec vous, parent acteur-spectateur rassuré et rassurant, en échangeant virtuellement les rôles dans le théâtre du quotidien de la vie !
Et peu importe les critiques soi-disant spécialisés qui vous seraient imposés ou l’avis d’un public proche et incertain qui ne peut prendre votre place, pourvu que le scénario incitatif et sa juste interprétation donnent satisfaction à ceux qui jouent la pièce dans un huis-clos bien naturel devenu serein, confiant et protecteur".
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Les troubles de l'écriture chez l'enfant, l'adolescent
par Josiane DELORME
Par Josiane Delorme - Graphothérapeute Approche Plurielle, Expert en écritures manuscrites, créatrice du concept Approche Plurielle et du centre de formation agréé .Formatrice de Graphothérapeutes , Présidente du G E G A P (Groupement européen des Graphothérapeutes Approche Plurielle) (GAP). Auteur de
«
Les troubles de l’écriture chez l’enfant ».
En préambule il faut savoir que
ü Les souffrances des enfants dans leur problématique de relation à l’écrit, la trace : les dyslexiques, dysorthographiques, hyper actifs et tous les dys…. et/dont les précoces, non prises en considération peuvent les
entraîner jusqu’à l’échec scolaire avec des manifestations psychologiques lourdes de conséquences pour leur avenir et devenir un véritable parcours du combattant pour l’enfant et la famille.
ü Qu’ une relation à l’écrit fragile et ses résultats : « vilaine écriture «, lenteur, l’illisibilité, refus de production dès la maternelle dans les apprentissages, sont
les signes apparents d’un symptôme, mais pas simplement un résultat en non-conformité au modèle enseigné ou à un non vouloir de l’enfant.
ü que cette problématique concerne des enfants, très souvent intelligents, avec un potentiel qui ne peut s’exprimer dans le cadre conventionnel de l’éducation nationale, par l’écriture manuscrite. Ces enfants, estimés à ce jour à environ 5 à 10 % qui ne trouvent pas de « place » dans cette normalité.
ü Majoritairement les garçons sont concernés à 90%:
Définition des troubles :
Si l’enfant, adolescent présente ou a présenté un ou plusieurs de ces signes et se trouve encore en difficulté :
Pour les petits : Bien avant l’entrée en maternelle à la maison ou dès la Petite Section
à Collages, coloriages, découpages laborieux ou refus, évitement des activités graphiques, maladresse, non participation, brouillon. la phobie de l’école peut déjà s’installer
Plus tard, du CP au collège, mêmes symptômes mais en plus
à Attitude de refus ou d’évitement à l’écrit, à la production
à Lenteur à se mettre à l’écrit, rêvasse,
à Devoirs non terminés
à Souffrance d’ordre physique : crampes, douleurs au poignet, doigts, transpiration
à Souffrance d’ordre psychologique : sentiment de culpabilité, anxiété, dépression,
à démotivation, attitude perturbante ou isolement, se sent « nul »
à Il écrit vite, mais illisible
à Il est intelligent mais les apprentissages sont difficiles,
à Son expression orale est remarquable
à On le dit rêveur, agité, …etc. etc.
Il est grand temps de réagir
Car, derrière, ou sous, ce qui est visible que l’on appelle dysgraphie, dysgraphie qui devient le symptôme, le signal d’alarme se cache toujours une autre problématique, celle qu’il faut chercher, trouver.
v Il faut, sous peine d’une analyse erronée, donc de rééducation inadaptée, savoir distinguer :
Les dysgraphies
sont les symptômes apparents
L’écriture n’est pas belle Peu de soin, mise en page incorrecte, ratures nombreuses
Mais résultats scolaires en accord avec l’âge globalement.
De la difficulté de relation à l’écrit,
relation négative à la trace
est une conséquence des symptômes
Lenteur au « démarrage, Évitements des travaux, Refus de production, Rendu de la page blanche, Démotivation, Phobie de l’école …..Comportement ou perturbant ou inhibé
Les périodes sensibles d’apparition des symptômes à l’école
Les symptômes peuvent apparaître à des périodes très différentes, disparaître et réapparaître. Chaque enfant est unique, les réactions sont multiples, variables en fonction des évènements extérieurs, de leur perception, de mots et remarques « destructeurs » qui laisseront trace à vie, s’il n’y a pas reconnaissance de sa souffrance, un accompagnement spécifique, et pluriel, tant pour l’enfant
que pour les parents.
Toutefois et généralement dès la petite enfance,
en maternelle
Petite section
Dès les premiers jours : il aime ou n’aime pas la maîtresse il commence dès cette première année à « rechigner » sur les activités graphiques, où il doit laisser sa trace. Situation d’évitement des apprentissages. Il ne parle pas de ce qu’il fait. Il pleure régulièrement pour aller à l’école, n’a pas d’ami, en récréation il est, ou très agressif, ou isolé, peut être le
souffre douleur des autres enfants. Tout excès, durable, est un signe à prendre en considération.
En grande section,
Rien n’a changé, et de plus tenir un crayon lui est difficile, douloureux, vous le sentez souffrant, réticent, même opposant. Refusant en classe, à l’extrême, de respecter les consignes.
Son comportement peut être soit : dissipé, dérangeant pour la classe, ou à l’inverse il se complait dans son coin, à la récréation souvent seul, n’intègre pas le groupe. Se fait-il inviter aux anniversaires ?
Il est « sage », il ne dérange pas, on ne l’entend pas, donc « tout va bien ». Non ! s’il mentionne que ce qu’il fait n’est pas beau, qu’il est nul. (c’est son sentiment, sa perception) alors ne pas laisser cette situation perdurer, mais cela peut simplement être un passage délicat.
L’entrée au CP
Tout peut s’arranger. L’intérêt de la nouveauté, si elle correspond à ce qu’il espère, l’enfant va trouver » nourriture » et réponses à ses attentes.
Ou bien à l’inverse il peut y avoir mal être. Du mal au ventre, sommeil perturbé, hyper activité motrice jusqu’à la phobie de l’école. S’il y a persistance des symptômes précédents ou si les symptômes se révèlent à cette période il est plus que temps de réagir, c'est-à-dire consulter. Il vaut mieux prévenir que guérir.
Garder toujours à l’esprit que le non écrit est le symptôme le plus « visible ».
En CM1, CM2
Continuons avec la mise en évidence des périodes sensibles où les symptômes peuvent se révéler. L’appréhension des parents pour le passage en 6°. Trop de pression mène souvent à une baisse de résultats, fatigue, tension. Il y a accumulation de stress chez les uns et les autres, ce qui est largement suffisant pour altérer l’écriture qui devient le symptôme révélateur de la difficulté de l’enfant. SI cette difficulté persiste après le premier trimestre il faut consulter afin de comprendre son mal être. Le bilan
graphomoteur est l’outil révélateur par excellence.
Entrée en 6°
Inadaptation à un nouveau rythme, l’enfant se trouve submergé par des exigences qu’il ne peut quelquefois pas assumer. « Tu es grand maintenant !« Non un enfant à 10 ou 11 ans ne devient pas mature et autonome parce qu’il est en 6°. Nous pouvons émettre l’hypothèse inverse, sans faire d’erreur d’appréciation qu’il a plus que jamais besoin de soutien et d’accompagnement. Pas tous, bien sûr…..mais le passage à l’écrit pour d’autres devient problématique : manque de temps pour noter les
devoirs, cahier de texte qui devient un « fourre-tout » mais où rien n’est indiqué. Sa belle écriture du primaire devient illisible, il ne suit plus les lignes, il devient irritable et vous aussi… » Début de la culpabilité de l’enfant qui sauf exception « ne le fait pas exprès ». Bâillements, rébellion, page arrachée, exaspération et lendemain enfant « pâlichon »
Les enfants précoces, à haut potentiel et l’écrit
Une des spécificités de certains enfants précoces est d’avoir une relation tout à fait particulière à la trace. Non, ce n’est pas systématique, mais nous savons qu’environ un tiers de ceux-ci, des garçons majoritairement, développe dès leur plus jeune âge cette gênante dissemblance. Le test psychométrique ou test de QI nous révèle des informations précieuses quant aux motifs de cette « anomalie » par rapport à leur potentiel verbal noté « supérieur ou très supérieur
«. Là encore, abstenons nous de procéder par généralité. Chaque précoce est unique, nous retrouvons des tendances, des débuts d’explication. Oui, c’est difficile à croire et parfois jugé comme inconcevable, les enfants précoces peuvent être en échec scolaire et avoir une relation très handicapante à l’écriture, car s’ajoute la plupart du temps un ou deux autres troubles des apprentissages. Nous allons donc rencontrer la plupart des symptômes cités ci avant, ce qui va vous interpeler.
Qui peut déceler ces symptômes ?
L’enseignant Une concertation tranquille, ouverte, entre enseignants, médecin scolaire, psychologue scolaire, et les parents devrait aboutir à une orientation vers le choix d’un thérapeute. Bien évidemment il est nécessaire en amont de cerner les symptômes, avoir la connaissance des informations,
d’où la nécessité pour l’enseignant d’être informé et formé au dépistage des différents troubles d’apprentissages ce qui lui permet d’orienter les parents vers le spécialiste concerné et éviter ainsi une perte de temps pour tous
L’orthophoniste C’est un rééducateur spécialisé qui est chargé de la correction des troubles affectant : perturbation d’acquisition liée à un déficit sensoriel ou neurologique, dyslexie, dysorthographie, aphasie, etc.) la voix, l’articulation, le langage oral et écrit (bégaiement, zozotement, retard dans l’acquisition
du langage oral,
le psychomotricien
Le rôle du psychomotricien consiste à redonner à ses patients un équilibre psychique, tout en privilégiant l’approche corporelle
le Graphothérapeute Approche Plurielle ( GAP)
-
c’est entrer dans une dynamique de recherche de compréhension de la problématique de l’enfant
-
par une approche globale de celui-ci, par des tests spécifiques qui permettent d’orienter ensuite vers le spécialiste.
-
pour aboutir à un plan d’action.
Cette recherche passe également par différentes démarches auprès des acteurs extérieurs à l’école : orthophonistes, psychomotricien, psychologue….permettant ainsi une analyse la plus complète possible du parcours, de l’histoire de l’enfant.
Ensuite, riche de toutes ces informations le plan d’aide va pouvoir être proposé : rééducation de base du graphisme si nécessaire, contact avec le corps enseignant, mise en place d’une équipe éducative ou autre forme de soutien si cela s’avère fondamental.
L’orthoptiste et optométricien
Outre le dépistage des troubles visuels (troubles de la vision monoculaire et binoculaire, strabisme, déséquilibres oculomoteurs), qui agissent directement sur l’écriture, la lecture.
les conditions nécessaires à la réussite du projet d’accompagnement de l’enfant
1.
prise de conscience par tous que l’enfant à besoin d’aide.
2.
Mise en place du plan d’aide à l’école Equipe éducative qui est la deuxième étape
3.
Mise en place d’un accompagnement au cabinet
4.
Mise en place d’un programme à la maison
5.
Suivi de l’ application du plan proposé à l’école
6.
Et continuité de la synergie
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L’adolescent
par Valérie FOUSSIER
Chers parents, comment savez vous que votre enfant devient ado ? Et bien quand vous voyez pointer le bout de son nez à midi et qu’il vous dit : « mais il n’y a plus rien à manger ici dans cette maison. Et que vous rétorquez un peu agacés, mais le frigo est plein de légumes, de fruits, de fromage, peut être pas de ce que tu aimes mais il n’est pas vide. Je vous suggère fortement de l’inviter à faire les courses avec vous.
Pour le rendre autonome
Rendre l’enfant autonome le plus tôt possible et au maximum à l’adolescence pour lui offrir une
bonne
qualité de vie et non
le
faire grandir trop tôt, l’autonomiser n’est pas synonyme de lui faire faire tout tout seul. C’est l’accompagner dans ses faits et gestes avec le retrait de l’adulte quand l’enfant le clame, la présence d’un adulte quand l’enfant la réclame. Bien sût le plus difficile dans l’autonomie de l’enfant est de décrypter quand l’enfant a besoin du retrait et quand l’enfant a besoin de la présence. C’est un jeu non verbal très subtil.
Un petit truc : quand l’enfant est fatigué, qu’il est stressé, soyez présents même s’il vous refuse. Quand l’enfant est fermement décidé à faire, surtout allez dans son sens
Difficulté de l’adolescence
Il est capital de garder le contact dans la tempête et d’attendre l’accalmie avec la plus grande patience
L’épauler. Parents, n’hésitez pas à mettre la main à la pâte et revêtir le rôle de flic quand il sort des clous. Votre ado n’ose pas vous le demander alors il vous provoque, c’est plus facile pour lui. Il vous remerciera plus tard malgré sa violence verbale à votre égard.
L’aider à assumer un éventuel retard pubertaire très difficile à vivre surtout chez le garçon
Attention à la dépression
L’adolescence comme la vieillesse sont deux périodes de la vie propice à la dépression. Le risque de dépression estimé à 5% chez un adolescent (1% chez un enfant), peut être volontiers masquée chez l’adolescent. C’est une souffrance à part entière qu’il faut prendre en charge et non un passage obligatoire vers la maturité. Comment faire la différence entre une crise d’ado banale et une dépression à prendre en considération.
Il y a des signes de mal être qui doivent alerter :
Trouble du sommeil. L’insomnie est souvent le premier signe. Un ado fatigué qui se plaint de ne pas pouvoir se lever pour aller au lycée doit être aidé.
Chute des résultats scolaires. Attention ce n’est pas toujours un effondrement, un excellent élève en pleine forme peut devenir un bon élève déprimé.
Absentéisme. Quand vous recevez une lettre du principal du collège signifiant les nombreuses absences de votre ado alerte maximale
Repli sur soi. Quand un ado refuse d’aller à une fête organisée par son meilleur copain, soyez vigilant demandez lui pourquoi.
Rejet par un groupe de copain. Les ados vont plus facilement vers ceux qui ont la pêche. Le rejet peut être un signe du comportement triste de votre ado. Entamez la discussion pour connaître les raisons du rejet
Crises de larmes fréquentes dans sa chambre sans raison apparente, surtout quand vous les surprenez dans leur solitude. Non ce n’est pas normal de pleurer parce que vous avez refusé de l’emmener en voiture à son cours d’équitation et que vous lui avez expliqué pourquoi. Vous découvrirez une tout autre raison à ses pleurs si vous prenez le temps de l’écouter.
Ado bouc émissaire. L’humiliation des professeurs génère des blessures d’amour propre amplifiées à l’extrême. N’hésitez surtout pas à rencontrer les professeurs et le chef d’établissement
Rupture sentimentale. Attention certains ados n’arrivent pas toujours à se relever après une déception sentimentale
Abus d’alcool et de drogue. C’est en soi une conduite suicidaire.
Violence. Un ado qui ne faisait pas de mal à une mouche et qui vous rapporte s’être battu au poing pour un motif futile doit vous mettre aux aguets. Discutez avec votre ado et demandez lui les raisons de son acte.
Contexte de vie difficile ou modification du contexte de vie : parents séparés, parent malade, parent au chômage, parent alcoolique, déménagement.
Les mauvaises raisons de s’inquiéter :
Quand vous êtes l’objet d’un passage à tabac oral sur vos préjugés, principes philosophiques et éducatifs.
Quand les portes claquent, à la moindre opposition avec vous.
Quand un ado s’enferme à double tour dans sa chambre, la salle de bain ou déguerpit chez un copain sans que n’ayez le temps de dire ouf parce que vous lui avez confisqué son joujou préféré, l’ordinateur, considérant qu’il y reste un temps supérieur à votre tolérance.
Quand un ado arrive systématiquement en retard pour les repas familiaux. C’est sa façon de se faire remarquer
Quand il préfère « chater » sur MSN ou Skype plutôt que de discuter en famille
Quand un ado s’enferme 2 heures dans la salle de bain, même si cela vous exaspère et vous met en retard.
Mieux vaut s’alarmer pour rien que de passer à côté d’une dépression masquée
Comment convaincre un ado de consulter
Même si le dialogue entre parents et ado déprimé est aisé, il est vivement conseiller de faire intervenir un thérapeute car ce qu’il a à dire est trop intime. Et par définition, un ado déprimé refuse de consulter. Convaincre un ado déprimé d’aller voir un psy demande un travail de préparation pour lui faire voir et admettre sa souffrance. Ici le rôle du père est fondamental. Son inquiétude face à l’état de souffrance de son ado peut suffire à le convaincre. N’oubliez pas que l’ado fait souvent des bêtises pour simplement attirer l’attention du père. N’oubliez pas non plus votre autorité
parentale en imposant la visite chez un thérapeute sans leur laisser le choix de dire non ou bien de discuter. Cela évitera à votre ado en déperdition énergétique de s’épuiser davantage dans l’opposition et vous le rassurerez immédiatement sur ses doutes d’être laissé pour compte, mal aimé et toute la panoplie de dévalorisation de mésestime de lui qui va avec. Si malgré votre fermeté l’ado refuse encore, alors signifiez lui que vous allez aller consulter à sa place pour parler de son état.
Où aller ? Consulter votre médecin de famille. Dérangez votre diabétologue surchargé de patients. Dirigez vous selon le degré d’urgence vers un psychiatre à l’hôpital, en privé dans un centre CMP (consultation médico psychologique) ou CMPP (centre médico psycho pédagogique). Les adresses sont disponibles dans les mairies ou les hôpitaux.
Les thérapies comportementales et cognitives ont fait leurs preuves surtout quand l’ado souffre d’une mésestime de lui. Les techniques d’affirmation de soi sont efficaces. C’est une approche qui consiste à modifier une conduite inappropriée sur les idées qu’une personne se fait à propos d’elle-même, de son passé, de son présent et de son avenir. Les comportements négatifs, sont transformés en comportements positifs. Cela permet souvent de renforcer l’estime de soi.
Mais il n’est pas rare de devoir avoir recours à des médicaments. Etre déprimé ce n’est pas être fou, c’est simplement avoir trop à porter sur ses épaules en même temps. Même Hercule ne pourrait pas déplacer une montagne. Quand c’est trop lourd, tout le monde croule. Mais c’est le poids du fardeau qui change d’un individu à l’autre et la tolérance à la surcharge.
Patienter pour voir le chaos de l’adolescence s’enfuir
Particularité de l’obésité de l’enfant et de l’ado
1 enfant sur 5 souffre d’obésité infantile soit 17,8 % des enfants en France
Souvent constituée lors de la puberté, période où le désordre alimentaire est bien connue où le temps passé devant l’ordinateur est important, et où il existe une diminution de l’activité physique.
Enfants seuls ou livrés à eux mêmes : principale difficulté dans la prise en charge
car
pas de contrôle, refuge dans la nourriture avec souvent ENNUI
,
consommation de
plat tout fait du commerce
Intérêt du sport. Favoriser les sports où il n’y a pas à porter le corps comme le vélo et la natation. Inciter les enfants les moins sportifs à fréquenter les salles de sport
Petits trucs pour enfant et ado à apprendre aux parents
Réseau d’aide aux enfants en surpoids à travers la France : RéPPOP (réseaux pour la prévention et la prise en charge de l’obésité.
www.repop.fr
ou
www.repopgl.org
Prendre sons temps pour manger
Il faut manger ce dont on a besoin ni plus ni moins
Eveiller la curiosité des enfants pour leur faire aimer les légumes
Pratiquer une activité physique de 30 minutes à 1 heure. Limiter le temps passé devant la télévision et l’ordinateur.
Respecter un rythme de 4 repas par jour
Prendre du plaisir à manger
Faire un carnet alimentaire : ingestion et émotion
|
Jours/heure
Lieu
Avec qui
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Constitution du repas
Avec boisson
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Faim avant les repas
(note 1-10)
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Satiété après les repas
(note 1-10
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Etat émotionnel avant et après les repas
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Petit déjeuner
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Matinée
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Déjeuner
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Goûter
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Dîner
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Soirée
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Apprendre à équilibrer ses repas même à la cantine : apport conseillé de 1400 kcal pour un enfant
o
Crudités
o
Viande ou poisson ou œuf : 1 à 2 fois par jour (10g / année d’âge et par jour
o
Légumes variés
o
Féculents dont le pain à chaque repas selon l’appétit
o
Laitages : 3 à 4 par jour éviter les produits sucrés tout fait
o
Fruit à chaque repas
o
Peu de matière grasse, limiter la consommation de sucre de graisse et de sel
o
Eau
Apprendre à analyser l’apport alimentaire
Comment j’aime manger : salé, sucré, aliments frits…..
Où je mange : fast food, amis…..
Existe-t-il des grignotages ? Chasse au grignotage
Combien de repas par jour ? 3 ou 4 repas c’est l’idéal
Diminuer ma consommation de sucre, charcuterie, pâtisserie, viennoiserie, sauces, fromage, boissons sucrées
Privilégier les cuissons vapeur, privilégier les viandes peu grasses, les légumes
Eviter les laitages sucrés tout faits
Pas de substitut chez l’enfant, éviter les édulcorants
Lors des fringales : prendre un fruit et un laitage, s’occuper, sortir faire un tour dehors téléphoner à un copain ou une copine
Accroître l’activité physique: monter les escaliers, éviter la télé et l’ordinateur, préférer les sorties en vélo
Au restaurant savoir faire une addition et ne pas dépasser 500 kcals par repas
o
une food : hamburger simple sans frites et sans coca
o
Pizzeria : peu de viande et peu de fromage ou en laisser la moitié
o
Italien : pâtes avec sauce à base de tomates : en laisser
o
Chinois : aliments cuits à la vapeur
o
Grec : kebab sans frites
o
1 assiette de frites = 550 kcal
o
1 croque monsieur = 290 kcal
o
1 panini = 450 kcal
o
1 petit paquet de chips 230 kcal
o
1 pain au chocolat, 1 brioche = 280 kcal
o
1 croissant = 185 kcal
o
1 crêpe nature = 40 kcal
o
1 gaufre = 330 kcal
Certains aliments font –ils maigrir ? Non
Faut il acheter des produits diététiques pour maigrir ? Non
Les compléments vitaminiques sont ils nécessaires ? Non
Est-il nécessaire de calculer les calories ? Oui à la journée et de façon simple sans balance pour satisfaire les plaisirs : exemple régime à 1400 kcal/j pour les enfants non pubères, pour les ados, entre 1800 et 2000 kcal selon l’activité physique
Modification des habitudes en douceur
Choix d’objectifs raisonnables, en accord avec l’enfant ou l’ado et les parents : premier pas vers la réussite
Choisir le bon moment : quand c’est pas l’heure, c’est pas l’heure !
Stabilisation du poids chez l’enfant (équivalent à une perte de poids car tout enfant avec le temps prends du poids). Meilleur moyen pour ne pas bloquer la croissance
Période de stabilisation très importante
Des sites intéressants pour les 11-14ans et les 15-20 ans : mieux vivre dans son corps et dans ma tête avec des ateliers santé en groupe ou des entretiens individuels www.cg94.fr/nutrition. 01 56 72 70 24
Apprendre à décrypter sa faim, ses envies de manger et ses émotions.
Manger mieux
Bouger plus
Défi/motivation
Extraits du livre "Coaching Diabète" de Valérie Foussier aux éditions Josette LYON
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L'adolescence
par Huguette PIRONET
Ecrire
sur
l’adolescence,
quel défi !
Il y a tant à
dire ! Il
suffit de regarder
la quantité
d’ouvrages
consacrés à ce
sujet… Très
modestement, ce
texte est le résultat
de mon expérience,
de mes lectures,
il doit être pris
comme tel, juste
quelques éléments
de réflexion pour
tenter d’éclairer
le chemin des
parents, parfois
si difficile avec
des adolescents…
Sur
l’adolescence des précoces,
il y a moins de livres.
Mais, à
priori, il n’y a pas de
raisons pour que leur
adolescence soit vraiment
différente de celle des
autres.
La
précocité accentue toutes
les caractéristiques, cela
peut donc intensifier les
problèmes, mais pas les créer.
Et
puis souvent, comme me le
disent beaucoup de parents,
ils ont déjà un grand
entraînement : les
enfants précoces l’étant,
précisément, précoces,
ils donnent très tôt à
leurs parents l’habitude
des discussions, des
argumentations…
Il
faut bien dire que
l’adolescence est une
notion assez récente. Dans
les siècles « anciens »,
qui avait le temps de
vivre l’adolescence ?
On travaillait très jeune,
on se mariait très jeune,
et on mourrait jeune.
Lorsqu’il
existait quelque chose de
l’ordre de
l’adolescence, c’était
constitué essentiellement
de rites – rites de
passage, entrée en
apprentissage, séjour comme
page dans le château du
seigneur, etc. Tout cela était
codifié, et bien clair.
Et
puis, on ne s’occupait pas
de psychologie. Il fallait
vivre, voire survivre,
d’abord.
Même
encore récemment,
avant et juste après
la dernière
guerre mondiale…
Ce qu’Alice
Miller a appelé
la « pédagogie
noire » ne
laissait guère de
place à
l’adolescence.
Il s’agissait de
« dresser »
les enfants,
d’en extirper ce
qui était forcément
mauvais, pour en
faire des êtres
dociles et
respectueux de
l’ordre établi.
Le châtiment,
c’était
« pour ton
bien »
A
présent, on respecte les
enfants et les adolescents,
on a compris l’importance
de la personne, et les dégâts
que pouvait causer ce
dressage parfois inhumain.
On
est passé d’un mode
parental dictatorial, à un
mode démocratique. C’est
bien mieux, mais c’est
bien plus difficile !
D’autant
que les parents se trouvent
face à une exigence de réussite
extrêmement forte, partout
– surtout sur le plan
scolaire – et que, en même
temps, le souhait de tous
est une relation harmonieuse
– comme dans les publicités !
Tout
cela crée une pression très
forte, et les parents ne
s’y retrouvent plus !
Quelques
principes de base, valables
pour tous les adolescents,
peuvent aider :
- Les
parents sont
responsables de leurs
enfants, comme tels, ils
ont un rôle d’autorité
qui doit être
indiscutable – même
s’il est discuté
parfois ! Pourquoi ?
Parce que, si
les petits
animaux sont très vite
autonomes, les humains,
eux, ont besoin d’un
certain nombre d’années
pour le devenir. Un bébé,
un enfant livré à
lui-même, est en réel
danger de mort. Les
parents ont été crées
pour éviter cela. Donc,
il y a des décisions
qu’ils sont seuls à
pouvoir prendre.
- Une
démocratie respecte la
liberté de tous,
certes, mais avec des
lois. Important donc
d’établir une
« charte de vie »
commune à tous, qui
peut être affichée, et
que tout le monde
respecte. Quelques lois,
sur ce qui vous paraît
essentiel, il ne
s’agit pas d’écrire
un code civil !
Lois
sur les domaines essentiels
de la vie : nourriture,
sommeil, hygiène, scolarité,
respect du territoire et des
autres.
Sur
ces points les parents
doivent se mettre
d’accord. Le reste, cela
se fait au coup par coup,
comme on peut.
- Les
sanctions font évidemment
partie de cette « démocratie ».
Utiliser les punitions
« positives »
marche souvent mieux :
réparer, faire un
travail d’intérêt
commun… Ou la conséquence
des actes, très
efficace quand cela est
possible : le linge
non mis dans le panier
spécial n’est pas lavé,
tant pis si le jean préféré
n’est pas prêt au bon
moment…
Et
bien penser à appliquer une
sanction, pas une « vengeance ».
Parfois, les adolescents
sont si difficiles qu’on
voudrait aller plus loin, ce
qui sera forcément perçu
comme une injustice, et ira
à l’encontre du but
poursuivi…
- Pratiquer
ce que Dodson
a appelé le conseil de
famille. Pour rédiger
ces lois, on peut
d’ailleurs déjà
l’utiliser.
Il
s’agit de se réunir tous,
pour discuter du sujet qui
pose problème. Toutes
les solutions sont écoutées,
tous les avis pris en
compte ; on n’a pas
le droit de se moquer, ni de
fermer une proposition sans
l’avoir étudiée ;
chacun assume, à tour de rôle,
la fonction de secrétaire
de réunion ; si aucune
solution n’est retenue à
la fin du conseil, chacun y
réfléchit, jusqu’au
prochain conseil.
- Les
contrats marchent bien
avec les adolescents.
C’est du « donnant-donnant ».
Beaucoup parlent de
« chantage ».
Ce n’en est pas. Dans
un chantage, il y a
menace et danger des deux
côtés. Là, il
s’agit de « si…
alors » :
dans un cas on a quelque
chose de positif, dans
l’autre, on n’a
rien…
C’est quand même
différent…
Qu’est-ce
que l’adolescence,
actuellement ? Le
passage entre l’enfance et
l’âge adulte :
l’adolescent n’est plus
un enfant – mais il en a
toujours la nostalgie, tout
en la refusant ; il
n’est pas encore un adulte
– il le souhaite, mais en
a peur, et il doute de ses
capacités. Cette
description explique bien
une des caractéristiques de
l’adolescence :
l’ambivalence.
L’adolescent veut et ne
veut pas la même chose…
Exemple
typique : vous vous
occupez d’eux « oui,
bien sûr on ne me fait
jamais confiance, on est
toujours sur mon dos.. »
et vous laissez faire :
« oui, bien sûr tu
t’en fiches, tu n’en as
rien à foutre de moi »… !
Donc, parents, sachez-le,
quoi que vous fassiez, ils
trouveront à redire,
puisque c’est de leur âge.
Alors faites selon votre cœur,
et vos idées. Car ce
qu’ils disent en surface,
n’a parfois aucun rapport
avec ce qu’ils pensent au
fond…
Ces
quelques techniques sont
valables dans pratiquement
tous les cas.
Mais
D’abord,
il faut que vous, parents,
vous les façonniez à votre
mesure, à votre style.
Par exemple, pour certains
parents, rester à table est
très important, pour
d’autres, pas du tout.
Inutile de lutter pour
quelque chose qui n’est
pas essentiel, il y a
suffisamment d’occasions
de conflit sans en rajouter !
Il n’y a pas une
manière d’élever des
enfants.
Bien
sûr, il y a de grands
principes, le respect,
l’amour, l’écoute et
des limites. Mais la manière
d’appliquer cela peut être
très variée, et c’est ce
qui fait la richesse des
familles.
Ensuite,
avec des adolescents
intellectuellement précoces,
ces techniques demandent une
rigueur toute particulière.
Si vous dites « si tu
as des bonnes notes, tu
auras... » vous ouvrez
la porte à toutes les
argumentations :
« mais, c’est une
bonne note, dans la classe,
pour ce professeur, par
rapport aux autres, par
rapport à celle
d’avant… etc. »
Donc, précisez quelle
note !
Car
n’oubliez pas que, dans
cette habitude de
l’argumentation du précoce,
il y a, aussi – et parfois
surtout - le goût de
la didactique, le plaisir de
trouver un autre argument
– bref, un plaisir
purement intellectuel, qui
n’a parfois rien à voir
avec le sujet de la
discussion !
Enfin,
n’oubliez pas que l’éducation
est un travail long, ingrat,
où il faut beaucoup répéter.
Que les crises, les
conflits, comme le « cafard »
et le doute, font partie de
la panoplie adolescente. Les
adolescents font beaucoup de
bruit, c’est leur manière
de « grandir »
et de trouver leur place.
Certes il faut leur mettre
des limites, c’est même
indispensable. Mais le fait
qu’ils luttent contre ces
limites veut souvent dire
qu’ils les testent,
qu’ils en vérifient la
solidité, parce que cela
les rassure, profondément.
Quand on est insécurisé,
c’est tellement rassurant
de sentir que ses parents
tiennent – la barre, le
coup, comme vous voulez…
Maintenant,
il peut que cela se passe
plus mal, trop mal. Quand
faut-il consulter ?
Quand
un adolescent a un
comportement « négatif »,
inhabituel, qui dure plus
d’une à deux semaines
(cela dépend de la gravité),
et qui le pénalise (ne veut
plus voir personne, par
exemple), alors il faut
consulter.
Vous
pouvez bien sûr toujours
consulter pour vous faire
aider, mais si la situation
que je viens de décrire se
produit, il faut consulter.
Pour
conclure, je voudrais dire
aux parents de se
faire confiance. Parfois, même,
il ne faut pas écouter les
avis « autorisés »
des spécialistes (même les
miens !), et se fier à
ses sentiments.
Je
vous conseille donc deux
livres, bien plus complets
que tout ce que je viens
d’écrire, lisez, et
faites selon votre cœur !
« Aimer
sans tout permettre »
Dodson
Ed. Marabout
« Mon
ado me rend fou ! »
Michael J. Bradley
Ed de l’Homme
Et
pour comprendre la « pédagogie
noire » :
« C’est pour ton
bien » Alice Miller
Ed. Aubier
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Talent intellectuel et prévention
chez l'enfant en bas âge
Dr Christian Peyrat
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L’enfant
intellectuellement
talentueux est
tout particulièrement
concerné par
la qualité
des Liens et
des modes de
communication
intrafamiliaux
dès le plus
jeune âge, et
donc par
l’information
spécifique
à délivrer
à ses parents
dès que
possible en la
matière.
Les
petits
enfants doués
de facultés
intellectuelles
dont on ne
sait pas
encore
qu’elles
seront
élevées,
sont
potentiellement
« à
risque »,
« témoins
de leur propre
souffrance »
de la méconnaissance
de leur
condition par
leur
entourage.
Ces
« victimes
impuissantes »
expsées au
minimum à une
« non
bientraitance
durant les années-clés
de leur développement,
pourraient bénéficier
largement du
message
ci-dessous qui
les concerne
avec une acuité
toute
particulière.
Porté
à la
connaissance
du plus grand
nombre il
s’inscrit
formellement
dans la prévention
en amont des
dysfonctionnements
familiaux et
des troubles
psychopathologiques
induits par la
souffrance
quel que soit
son degré.
Quel
que soit le pays
dans lequel
vous vivez, transmettre à votre
enfant depuis
le plus jeune
âge
les
valeurs
indispensables
à la plénitude
de sa propre
vie constitue
un enjeu
fondamental.
La qualité
des liens
familiaux
dans lesquels
il évolue, détermine
le développement de sa
personnalité.
Or
la seule véritable
clé du succès
de vos échanges
à long terme,
consiste à vous
donner les
moyens de
percevoir
clairement son
mode de
communication
très évolutif.
A cette fin, un support
audiovisuel
très
didactique est
en cours de réalisation
en 2009.
Il répond à
la nécessité
de véhiculer
un
message
accessible en
direction des
familles par
(mais aussi à)
tous
les
professionnels
de la petite
enfance (médico-sociaux,
paramédicaux,
médicaux, et
professionnels
de
l’enseignement
au sens
large).
Son
titre « Bon sens et bonheur dès
l'aube de la
vie »
traduit
un véritable
programme
d'aide à la
communication
intrafamiliale.
Il permet une
« bientraitance »
exemplaire de
l’enfant,
constituant,
à n'en pas
douter
« la
vraie mission
humanitaire »
des temps
modernes en
faveur de
notre
descendance, héritage
immatériel
qui
ne
s'achète pas
mais se
transmet.
Il pourrait
s'appeler : « Parentalité
: Pouvoir réussir ».
Mais
il n’est pas
question ici
de performance
ni de
stimulation,
et encore
moins de
mesurer un
quotient
intellectuel.
çIci : Choix sélectif
sur ordre
verbal dès 6
mois
Il
s'agit de
manier du bon
sens et de
l'information
dans le domaine normal non
mesurable de
l'intelligence
humaine,
relationnelle
et émotionnelle.
Car
malgré la
surabondance
des
publications
sur ce thème,
l'enfant reste très
majoritairement
incompris,
ignoré, ou
largement sous
estimé
dans la réalité
de son vécu
et de son degré
de conscience.
« Bon
sens et
bonheur dès
l'aube de la
vie »
véhicule un
concept pédagogique
décliné de la période prénatale
jusqu’à l'âge
de six ans.
Comment ? Une démonstration
est effectuée
par un
professionnel
aidé par une
information
audiovisuelle
faite de scènes
préétablies
indiquant des
repères-clés
à connaître
en
fonction de
l’âge de
l’enfant.
La
technique fait
appel aux
notions de :
motivation-besoin
des parents,
moment
favorable
d’attention
de l’enfant
concerné ,
ambiance
sonore et
visuelle,
distance de
visage à
visage,
parfum,
« doudou »,
types de
jouets utilisés,
reproductibilité
« à la
maison »,
ainsi que la
vitesse et
surtout
l’indispensable
facteur temps.
Leur
enfant-acteur,
révèle ainsi
facilement à
ses proches,
spectateurs-acteurs
à qui
le
professionnel
s’adresse,
qu’il
comprend
« très
au-delà de ce
qu’ils
pensaient »
et de façon
« normale ».
Ce qui leur
permet
d’identifier
et de corriger
dès cet
instant
l’important
décalage et
l’inadéquation
de leur
discours
qu’ils lui
adressaient
jusque là.
Cela
est aussi
aisément
mis en
œuvre avec
une acuité
particulière
et le même succès
potentiel
dans le
cadre du
handicap.
Que l’enfant
soit
malentendant,
malvoyant, ou
handicapé du
langage,
c’est en
allant à sa
rencontre avec
une plus juste
considération
de sa personne
qu’il peut
enfin accéder
à un réel échange
avec ses
proches…
pour le plus
grand bonheur
de tous.
Ça
marche
! Enfants épanouis,
parents
conquis, effet
« tache
d'huile »
dans les
familles, chez
les amis... Et
non seulement
ce programme corrige les
dysfonctionnements
familiaux
simples ,
mais il
constitue
aussi un outil
de prévention
très efficace
de la plupart
des cas de maltraitance,
domaine
international
et très
sensible de
santé
publique :
Trente ans
d’expérience
pédiatrique
et vingt ans
d'expertises
judiciaires
dans ce cadre
permettent
d’identifier
formellement
les mécanismes
délétères
conduisant à
la survenue
insidieuse
possible mais évitable
de graves défaillances
parentales
quelque
soit le milieu
social dans
lequel
l'enfant évolue.
Car,
parfois bafoués
et injustement
traités,
certains
enfants sont
victimes de
maltraitance avérée.
Le
besoin
d’information
efficace et préventive
se fait
encore plus
sentir dans le
cas d’un handicap.
Partout
dans le monde,
enfants,
parents et
professionnels
peuvent ainsi
devenir
acteurs
de scènes de vie
convaincantes
à forte
charge émotionnelle
prouvant
la réalité
des capacités
d'actions et
de réactions
étonnantes et
inattendues de
ce « tout
petit »
qui,
soi-disant,
« ne
comprend pas
encore
à cet âge ».
Transmettre
ainsi à
nos
enfants
ce que nous
avons de plus
cher, c’est
offrir aux
acteurs du
monde de
demain les
moyens de préserver
l’équilibre
des sociétés
et l’avenir
de tous au
sein de
notre
bien fragile
milieu naturel
dans lequel
nous vivons.
Dr
Christian
PEYRAT
|
|
|
|
Le sens de l'effort
Arielle
Adda

|
|
Nous
allons envisager la situation
particulière de l’enfant
doué au moment où ses dons
peuvent se transformer en pièges
parfois imparables
semble-t-il.
Comment
aborde-t-il la période de
l’adolescence quand la
scolarité exige quelque
effort, alors que, justement,
la méconnaissance du sens de
l’effort constitue la pierre
d’achoppement la plus grave
dans son cas ?
Tous
les enfants doués ne méconnaissent
pas ce sens de l’effort si
problématique : certains
restent zélés en toutes
circonstances, au point
qu’on pourrait penser que
cette qualité est un don et,
comme tel, distribuée par la
nature de la même façon que
le don intellectuel. Ceux qui
en sont moins bien pourvus
doivent donc le cultiver plus
spécialement.
A
partir de cette spécificité
des enfants doués,
qu’on pourrait croire
connue de tous, les
malentendus, les fausses
interprétations et les remèdes
plus ou moins adaptés
s’accumulent.
Durant
tout le Primaire,
les pédagogues ne se
posent pas de question
« Tant mieux s’il réussit
facilement » disent-ils
tout d’abord, heureux
d’avoir dans leur classe un
élève à l’esprit vif, qui
comprend vite, retient bien et
semble intéressé par
l’enseignement. Ils ne vont
pas se priver d’un si bon élément
faisant la joie de ses
professeurs, on le garde donc
le temps réglementaire,
puisque tout est si facile
pour lui, et d’ailleurs il
n’a pas la maturité
suffisante pour passer dans la
classe supérieure.
Ce sont les filles qui
se montrent ainsi le plus
souvent des élèves de bonne
volonté, appliquées et
soucieuses d’harmonie ;
elles attirent encore moins
l’attention et suivent une
scolarité apparemment sans
histoire, tant qu’elles sont
en Primaire.
A
ce propos, je rappelle
mon opinion sur cette
fameuse « absence de
maturité » qui sert de
justification pour refuser
toute modification et qui
n’est même pas étayée par
des faits concrets. Les
enfants doués sont dotés
d’une hypersensibilité,
encore accrue par leur
perspicacité et ils réagissent
souvent violemment
aux agressions, même
quand elles sont perfides
puisqu’ils n’ont pas été
dupes de leurs apparences
doucereuses. Adultes, ils
conservent cette sensibilité
trop grande et s’appliquent
à la maîtriser comme ils le
peuvent.
La
question d’un saut de classe
ne se pose même pas lorsque
l’enfant semble souvent
ailleurs, qu’il suit la leçon
d’une oreille distraite et
ne manifeste sa vivacité
d’esprit que par quelques
rares éclats, vite éteints.
Il « peut mieux faire »
c‘est certain, mais il
n’est pas vraiment présent,
il s’en tient à
d’honnêtes résultats,
obtenus sans doute sans grand
effort ;
il est superflu de se
pencher particulièrement
sur le cas d’un élève
calme et peut-être même un
peu endormi.
Le
saut de classe ne constitue
pas un remède absolu, mais il
a le mérite de nécessiter
tout de même une attention
plus soutenue :
simplement, l’enfant appréhende
ce « saut » dans
un inconnu qu’il craint et
c’est la peur salutaire
qu’il ressent qui l’incite
à travailler
durant quelque temps.
En fait, la scolarité
n’offre pratiquement aucune
réelle difficulté et il est
très aisé de combler ses
quelques lacunes : on lui
explique ce qu’il n’a pas
encore appris, il le comprend
et il l’assimile aussitôt
et de façon d’autant plus
efficace qu’il y trouve,
pour une fois, un véritable
enjeu.
Pour
mémoire, mentionnons
l’enfant
vif, impatient, curieux
de tout et qui s’ennuie à périr.
Il bavarde avec ses voisins,
bouge beaucoup, on le qualifie
momentanément d’ « hyperactif »,
mais, par bonheur, le
traitement médicamenteux est
prescrit avec assez de précaution
pour qu’on ne l’administre
pas sans de multiples examens
préalables ; l’enfant
doué, quand il s’agite,
pose donc un problème
insoluble, à moins
d’alimenter
en continu cette faim
de connaissances. Même sous
alimenté, cet enfant actif
sait pourtant se montrer
parfois remarquablement
pertinent et judicieux.
Quelle
que soit la façon dont les
enfants doués traversent le
Primaire, leur seul effort
s’est réduit à se forcer
pour exécuter une corvée
accablante d’ennui. Parfois,
leurs parents, épuisés
d’avoir à traîner ce poids
mort, sont sans cesse obligés
de vérifier les devoirs, les
leçons, le carnet de notes,
la date des contrôles.
S’ils relâchent leur
vigilance, juste pour voir ce
qui va arriver, c’est aussitôt
la catastrophe. L’élève,
qui écoutait distraitement la
maîtresse en pensant qu’on
allait lui expliquer
tout ça à la maison
d’une façon plus vivante et
plus attrayante, se sent littéralement
perdu et il s’effondre
jusqu’à ce qu’on le récupère,
puisqu’il ne semble pas y
avoir d’autres solutions.
En
revanche, ceux qui savent se
maintenir dans les premiers de
classe font la joie et même
parfois, de façon discrète
et peu ostentatoire,
l’orgueil de leurs parents :
ces enfants n’ont même pas
besoin de travailler plus de
quelques minutes pour obtenir
de brillants résultats.
Qu’il
s’agisse de ceux que l’on
doit traîner durant
d’interminables heures ou de
ceux qui se contentent de
jeter un coup d’œil sur
leur leçon pour la savoir par
cœur, aucun d’eux n’a la
moindre notion de l’effort,
c'est-à-dire de faire quelque
chose de difficile, qui oblige
à puiser en soi une force
inhabituelle pour atteindre un
résultat dont on ne se serait
pas cru capable.
Certes,
ces enfants aiment souvent
relever un défi, mais ils
l’envisagent comme un jeu,
puisque cet enjeu doit
impérativement leur
plaire et, dans ce cas, ils ne
comptent pas leur peine. Ils
sont même plutôt heureux
d’avoir, pour une fois,
pu donner leur mesure.
En outre, il s’agit d’un
effort ponctuel, aboutissant
à un résultat glorieux, bien
éloigné de la terne routine
du quotidien scolaire.
On
conseille bien aux parents de
fournir en activités extra
scolaires ces enfants trop peu
occupés en classe,
mais le choix de ces
activités se fait
obligatoirement en fonction
des goûts de l’enfant, la
passion s’en mêle,
l’effort est alors aisé à
fournir, il ne compte même
pas.
L’effort
est un mécanisme qui n’a
jamais été activé
Les
parents ont tellement peur de
gaver leur enfant pour se voir
ensuite reprocher de le
pousser et de le rendre
malheureux, qu’ils auraient
plutôt tendance à le
freiner. D’ailleurs, en
classe, l’enfant doué a très
vite appris à se freiner
lui-même, la réponse
superficielle qui lui vient
aussitôt à l’esprit étant
généralement considérée comme très
satisfaisante.
Il
se construit donc de lui-même
une image à partir de ce
qu’on lui revoie : un
enfant différent des autres
en ce sens qu’il ne doit pas
forcer son talent en classe,
ce serait non seulement
inutile, mais presque déconseillé
puisqu’en approfondissant sa
réflexion il se démarquerait
beaucoup trop de ses camarades
avec les effets secondaires désastreux
que cela entraînerait. Dans
son esprit, il ne s’agit pas
particulièrement d’une supériorité,
c’est sa nature, il a une
bonne mémoire, il est bon en
mathématiques, il a de bonnes
idées en rédaction, mais
un graphisme souvent
catastrophique, il
ne dessine pas très
bien, il a aussi ses
faiblesses, comme les autres
enfants. Ses parents sont plutôt
contents, parfois même un peu
fiers : il a de bonnes
notes sans vraiment
travailler. Ils
le disent bien un peu
« paresseux »,
pour ne pas sembler trop
vantards, mais ils ne vont pas
se plaindre de cette facilité
qui les dispense de l’inquiétude
rongeant ceux dont les
enfants peinent pour apprendre
à lire, doivent redoubler le
CP, amorcent un parcours
scolaire déjà désastreux
Cependant,
arrive inéluctablement le
moment où cette aisance
merveilleuse commence à
disparaître :
En
4°, en 2°, en Terminale, ou
plus tard, en Prépa. Il n’y
a pas de mots assez forts pour
décrire l’effroi désespéré
qui envahit celui qui ne
savait pas ce que travailler
veut dire. Sa mémoire ne
fonctionne plus, la solution
des problèmes ne lui apparaît
plus de façon lumineuse et,
en outre, il ne sait pas
justifier la réponse exacte
qu’il a trouvée et il a une
mauvaise note. Il est
totalement incapable de maîtriser
ce raisonnement intuitif et
rapide qui lui fournissait
tout naturellement cette
solution.
Cet élève devenu plus
que médiocre ne peut être le
même que l’ancien, qui
brillait avec tant de naturel.
Il a changé, et comment
savoir si cette modification
ne va pas se poursuivre,
atteindre son aspect physique
peut-être ? Cet
effondrement
survenant à
l’adolescence, tous les éléments
sont réunis pour qu’il se
trouve particulièrement
affreux, disgracieux,
repoussant peut-être, en tout
cas peu aimable.
C’est
ainsi que, pour retrouver une
certaine maîtrise d’eux-mêmes,
certains élèves plus angoissés
et
amplifiant encore
la pression qu’ils
subissent, peuvent présenter
des troubles importants tels
que l’anorexie par exemple.
Il y aurait là un ultime
domaine où il leur resterait
quelque maîtrise.
Parfois,
ils avouent recourir à des
rituels, alors même qu’ils
ne présentent aucun signe
obsessionnel, mais, dans
l’urgence, tous les moyens
semblent bons pour tenter de
conserver un peu d’aisance
intellectuelle.
Si
on dit à cet
adolescent éperdu, en
s’employant au plus grand ménagement,
« fais un effort ! »,
il reste inerte et semble ne
pas comprendre. Il ne peut
s’agir de lui quand il est
question de fournir un effort,
lui ne sait pas du tout
comment procéder, il espère
seulement que les choses vont
se rétablir et qu’il va
retrouver son habitude passée
de réussir sans travailler.
Etre obligé de peiner sur un
devoir, de réfléchir de façon
besogneuse pour résoudre un
problème, de lire et de
relire une leçon sans pouvoir
la fixer dans son esprit démontre
bien qu’il n’est plus le même.
Ce n’est pas possible que
cette détérioration
l‘ait touché.
A cette seule idée, il
est
trop profondément
horrifié pour tenter de
fournir ce fameux effort dont
la notion reste encore toute
théorique pour lui. Il ne lui
reste qu’à sombrer, à se
laisser mourir peut-être,
puisque déjà quelque chose
en mort en lui.
Il comprend
simplement qu’on lui
reproche son attitude et il
s’insurge contre ce manque
de compréhension de la part
de ceux qui lui sont les plus
proches et qui paraissaient le
comprendre jusqu’à présent.
On
pourrait concevoir que les
enfants basculent ainsi dans
le désespoir, quand ils ne se reconnaissent
plus dans l’image
d’un élève qui doit
redoubler, ou bien quand un étudiant
est, pour la première fois de
sa vie, collé à un examen ;
en fait, le même mécanisme
agit quand ils sont seulement
confrontés à la nécessité
de « travailler »,
comme si ce mot recouvrait pour eux
une signification terrifiante.
On
voit des enfants absolument désespérés
alors que leurs notes restent
bonnes : passer de 18 à
15 pourrait sembler anodin,
mais, pour eux, c’est déjà
l’amorce d’un écroulement
qui ira en
s’aggravant sans qu’ils
sachent l’enrayer, ils le
sentent au plus profond de
leur être, l’avenir est
dramatiquement sombre, mieux
vaut alors ne pas vivre cette
déchéance et en finir tant
qu’il leur reste quelques éclats.
Ces réactions semblent
d’autant plus surprenantes
qu’elles surviennent chez
des élèves qui avaient
toujours paru finalement assez
travailleurs, comme le
prouvaient leur bonnes notes.
Mais, si on insiste, on
apprend que, pour ces élèves
appliqués, « travailler »
consiste à jeter un coup d’œil
sur le programme durant
quelques minutes, en se
concentrant, en effet, de façon
suffisamment efficace pour
rester à leur bon niveau de résultat.
Ils ne peuvent
concevoir qu’il
existe une autre manière de
travailler et ils sont
scandalisés si on leur suggère,
avec précautions,
qu’ils devraient
peut-être reconsidérer leurs
conceptions.
C’est
alors que les fausses interprétations
surgissent en nombre
Des
diagnostics
péremptoires revoient
plus que jamais à
l’adolescent doué une image
complètement déformée.
On
dit que
la grille de lecture,
limpide et évidente,
semble toute trouvée :
ces enfants possédaient une
telle facilité qu’ils
n’ont jamais été confrontés
à un échec qui aurait marqué
leurs
limites et, partant,
les aurait incité à
envisager la notion de
castration. Cette étape
constituerait une des données
essentielles du développement,
au même titre que la phase
oeudipienne, mais ces étapes
ne sont pas vécues tout à
fait de la même façon par
les enfants doués, même
lorsqu’il s’agit de
passages considérés comme inévitables.
Il y aura toujours des différences
subtiles, difficiles à cerner
et encore plus difficile à étudier :
le risque d’une approche
gravement réductrice doit être
pris en compte.
A
cause de cette étape qui
aurait été évitée, les
enfants doués auraient été
fallacieusement maintenus dans
un état de toute puissance,
encouragés en cela par des
parents fiers et peu au
courant de cette rude étape,
indispensable
dans l’évolution
d’un enfant. Par la suite, brutalement
placés en face de leurs
limites, à un âge où cette
acceptation du réel aurait dû
être acquise depuis
longtemps, ils souffrent bien
plus que les autres, qui
savaient déjà qu’il leur
fallait renoncer à la toute
puissance. Quand on dit que
ces enfants sont immatures, on
pense aussi à leur refus de
la réalité : c’est
parce qu’ils vivraient, plus
longtemps que les autres, dans
ce fantasme de pouvoir absolu,
il est alors bien temps
pour eux de
découvrir la dure réalité
et tant pis s’ils
l’acceptent si mal. A
l’image de ces maladies
infantiles, presque bénignes
chez les jeunes enfants et qui
peuvent être mortelles chez
les adultes, cette découverte
tardive est plus douloureuse,
mais c’est la destinée
humaine de traverser cette étape.
Il faut bien payer cette
scandaleuse aisance des tout débuts.
Le remède consisterait donc
à ouvrir les yeux sur la réalité
humaine et à dépasser
l’illusion qu’ils avaient
entretenue jusqu’à présent.
Si l’enfant en perdition
refuse la psychothérapie
qu’on lui propose, c’est
bien parce qu’il ne veut pas
renoncer à son monde magique
où tout fonctionne à
merveille sans qu’il soit
obligé de s’en occuper. La
thérapie est d’ailleurs
envisagée comme une solution
par défaut : on va
rechercher
dans le passé de
l’enfant en déroute, dans
son entourage, dans des événements
mal vécus, les raisons
expliquant ce qui semble un
blocage et on va en
trouver, parce
qu’aucune existence n’est
parfaitement lisse et sans
accrocs, mais on est très
loin de la cause essentielle.
Il arrive alors que
cet élève égaré pense
qu’il existe une formule
miraculeuse
Il
suffirait de trouver celle qui
lui convient. Il va donc, répétant
qu’il voudrait « apprendre
à travailler » à ses
parents momentanément soulagés,
puisqu’ils pensent qu’il
va devenir plus raisonnable,
mais cette formule correspond
dans son esprit à découvrir
le mode d’emploi d’un
appareil, distraitement utilisé
jusque-là,
en lisant enfin
attentivement la notice, sans démarche
personnelle de travail assidu.
Assidu ? Que signifie
« travail assidu » ?
C’est
là que réside le malentendu
qui pousse à créditer ces
adolescents de ‘tout
puissants’, alors que ce
pourrait finalement n’être
qu’une question de
terminologie. « Travail »
n’a pas le même sens pour
chacun. Il en va de même pour
bien d’autres notions,
l’humour par exemple, mais là
personne ne s’en étonne.
Quand
on sait que les enfants doués,
loin de s’enivrer de leurs
pouvoirs, dont ils n’ont pas
conscience et qui leur
paraissent tout naturels, sont
généralement tourmentés par
toutes sortes de doutes,
on
peut difficilement leur
attribuer des idées de
puissance. Ils disent bien
plus souvent « je suis
nul » et ils s’en désolent.
Pour eux, il n’y a pas de mérite
à réussir sans travailler,
mais une mauvaise note
inattendue les afflige parfois
profondément, à la grande
surprise de leur entourage qui
leur rappelle « qu’ils
n’ont pas travaillé ».
Cette constatation, si souvent
entendue, continue à évoquer
pour eux un aspect théorique
de l’existence dont on
parlerait juste pour mémoire.
Une
autre interprétation est
maintenant
souvent évoquée : « phobie
scolaire » dit-on d’un
adolescent qui répugne à
aller en classe, puisqu’il
ne s’y reconnaît plus et
qu’il s’y sent
terriblement malmené.
Ce terme de « phobie »
évoque tant
de prolongements
pathologiques qu’il peut
plonger une famille entière
dans un désarroi épouvanté.
Les thérapies entreprises
restent absolument
sans effet, elles
n’agissent pas sur le fond,
seulement sur les retombées
finales de notions banales,
mais encore
ignorées par les
adolescents doués.
A
cette « phobie »
s’ajoute,
bien évidemment, un
manque « d’estime de
soi » tout à fait
naturel dans ces
circonstances. Même quand
l’adolescent est enfin pris
en main par des pédagogues
qui connaissent ses spécificités
et l’aident avec efficacité,
on conserve le traitement
destiné à lui faire
retrouver cette « estime
de soi », comme s’il
s’agissait d’un symptôme
isolé, sans véritable
rapport avec la situation présente
Il
convient de rappeler que les
enfants se construisent une
image d’eux-mêmes à partir
de celle qu’on leur renvoie.
Il est pratiquement impossible
de se former de soi-même une
image cohérente et solide
sans recevoir de retour de
l’entourage. Ceux qui ont réussi
par eux-mêmes, sans aucun
soutien de leur entourage se
retrouvent souvent dans
l’action,
où ils connaissent
leur valeur, mais l’image de
soi intime, profonde, celle
qui permet l’expression des
sentiments, leur fait défaut.
Pour
l’adolescent qui se voit
sombrer, cette image se
brouille, alors quelle
« estime » mérite-t-elle ?
Peut
alors s’installer un lent
engourdissement, fait de
renoncements discrets, à
peine perceptibles, mais qui
s’accumulent
pour aboutir à un état
amoindri, le plus urgent étant
d’effacer le moindre
souvenir des rêves d’antan.
Penser aux jours anciens réveille
une douleur insupportable.
Ces
réactions tellement
douloureuses, la vision d’un
avenir obscurci, l’image de
soi durement entamée
n’incitent tout de même pas
ceux qui souffrent tant à
modifier leur attitude face au
travail : ils persistent
dans leur position et
d’ailleurs ils ne
sauraient comment procéder
pour la changer.
Souvent,
ils adoptent une attitude plus
radicale encore : ils ne
travaillent plus du tout, leur
échec est donc prévisible,
justifié, et ils s’en
accommodent du mieux qu’ils
le peuvent, puisqu’ils leur
faut aussi affronter les
remontrances, plus ou moins sévères,
de leurs parents et accepter
de les décevoir. On se dit
« mais à quoi peut-il
bien penser en ne travaillant
plus du tout ? Il va
redoubler, il travaillera
encore moins, puisque il
pensera connaître le
programme et on ne peut
refuser le redoublement au vu
de ses notes
catastrophiques… » Lui
semble indifférent, ailleurs,
à peine concerné par son
avenir.
Il est bien
loin le jeune enfant qui
allait à
l’école pour les récréations,
entrecoupées de quelques
formalités plus scolaires et
plus ennuyeuses accomplies
distraitement, mais avec succès.
Une petite fille se désolait
quand elle n’avait que
14. Adolescente elle soupire :
« qu’est ce que je
donnerais maintenant pour
avoir 14 ! »
C’est
alors qu’ils ont
l’impression d’être à côté
ou en dehors d’eux-mêmes,
ils suivent un parcours sans
intérêt, parfois même
franchement affligeant, dans
la compagnie de condisciples
qui leur restent étrangers,
ils se sentent encombrés par
cet individu qui rate tout ce
qu’il entreprend,
alors même que leurs
ambitions décroissent d’année
en année. Ils ne se
reconnaissent plus.
Pour
éviter à ces adolescents de
se croire désormais relégués
dans des limbes floues où ils
se sentent comme égarés, il
est essentiel de les aider à
découvrir le plus tôt
possible la notion de travail,
la valeur de l’exercice
plusieurs fois répété,
l’acceptation des devoirs rédigés
dans la forme demandée,
c’est un entraînement
semblable à celui des
athlètes, qui ne songeraient
jamais à s’insurger contre
une discipline qui leur
apportera peut-être la joie
de la victoire.
Certains
adultes, encombrés d’eux-mêmes
et de cette quête perpétuelle
qui n’aboutit jamais, ont
l’opportunité de reprendre
des études.
C’est avec leur
esprit d’adulte, plus
pratique et plus au fait des
exigences de la vie,
qu’ils recommencent
ce qu’ils n’avaient pas su
faire quelques années
auparavant.
Ils découvrent alors
dans la peine, dans les larmes
même parfois, les contraintes
du travail. Leur désir de
s’extraire de leur malaise
actuel est assez fort pour
leur insuffler une énergie
nouvelle, mais que de
souffrances à endurer !
S’y ajoute le
souvenir encore pénible
des échecs qui avaient marqué
les limites de leur rêve
d’accomplissement.
Ces barrières, peut-être
infranchissables,
pourraient encore se
dresser devant eux, au
prochain examen, au devoir
qu’ils rédigent, à
l’exposé qu’ils ont préparé
en tremblant.
Eux
aussi ont besoin d’aide, ne
serait-ce que pour alléger
leur peine.
Des théories
telles que la gestion mentale
viennent à leur secours, élèves
en désarroi comme adultes en
perdition, ils retrouvent les
chemins menant à une efficace
utilisation de leurs capacités
et surtout à un bonheur de
vivre dont ils avaient depuis
longtemps oublié le goût.
Le
plus sage consiste à donner,
dès le début, ce sens de
l’effort
pour qu’il ne
reste pas théorique.
« Dès le début »
signifie dès la Maternelle, où
les enfants amorcent déjà
cet abandon du sens de
l’effort : ils préfèrent
rester semblables à leurs
camarades de classe, alors que
c’est dans ce tout jeune âge
qu’ils peuvent apprendre à
associer la notion de travail
bien fait à celle de plaisir,
mais, pour les y inciter, il
faudrait modifier radicalement
la pédagogie et accepter de
prendre en compte les
particularité des enfants doués ;
on leur épargnerait alors ces
brutales plongées mortifères
dans un échec annonciateur de
catastrophe. Le prévenir
serait plus efficace que de le
soigner, avec plus ou moins de
succès, en évitant toutes
les traces douloureuses
qu’il laissera, parfois la
vie durant.
Les élèves
qui refusent de voir leurs
notes baisser réussissent
bien à éviter ce cap
dangereux,
quitte à souffrir face
aux pesants pensums qu’ils
s’obligent à effectuer,
mais ils gardent le cœur léger,
ils conservent une harmonie
familiale sans drame et ils
peuvent s’offrir le plaisir
de rêver tout à loisir.
L’adolescence
est
alors l’âge de l’éblouissement
dans toute sa plénitude, le
savoir acquis permet de goûter
plus délicieusement les joies
de la connaissance et surtout
il ouvre les horizons illimités
que des études
plus poussées vont
permettre d’explorer. Le
vertige qui saisit
l’adolescent au seuil de ces
découvertes laissera une
trace inoubliable : celle
du rêve qui pourrait devenir
possible…
|
La Forêt dans ses rapports
avec la symbolique et la mythologie
Dr Ladislas Kiss
|
Je ne suis pas un conteur mais plutôt un observateur, un explorateur du sens ou des sens à donner aux diverses activités humaines qu’elles soient d’ordre matériel ou virtuel.
Je suis donc une sorte d'anthropologue qui constate que l’ensemble des hommes, des femmes et des enfants autour de moi passe la majeure partie de leur temps à vivre, à construire plus ou moins intensément leur monde personnel fait de fantasmes, de rêveries, de rêves, de croyances, de mythes, de contes et à personnifier les êtres et les choses qui les entoure.
A y regarder de plus près, nous nous racontons tous en réalité des histoires à dormir debout, à nous faire peur, à enjoliver la trivialité de la vie. Ce sont autant de manières pour nous consoler ou pour masquer les aspects inévitablement banals, médiocres, frustrants voire traumatiques de l'existence.
Dès lors on peut considérer du point de vue phénoménologique que toutes les activités humaines quelles soient concrètes ou virtuelles ne sont que des leurres, des pansements, des voiles, des miroirs déformants, des refuges que nos cerveaux construisent ou acceptent soit pour se protéger du monde extérieur soit pour tenter de vivre en harmonie avec lui avant qu'il nous engloutisse définitivement.
Comme l'a si bien dit le philosophe Charles Sanders Pierce l'être humain est un animal symbolique qui tente de dépasser sa condition animale en essayant de donner du sens à son existence face aux forces de l'univers.
C'est pourquoi depuis l'aube des temps nous, les hommes, essayons tant bien que mal soit de jouer soit de se battre contre cette nature impitoyable dans le secret espoir de pouvoir un jour comprendre ou maîtriser le monde chaotique dans lequel nous avons tous été précipités dès notre naissance.
Dans leur dictionnaire des symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant résument très bien cet aspect des choses quand ils définissent les mythes comme « des transpositions dramaturgiques d’une symbolique qui proposerait une forme de rationalisation » de l'univers.
Rappelons ici l’étymologie du mot symbole qui est à l’origine un objet coupé en deux fragments que deux personnes, séparées par la vie, gardent afin de pouvoir se reconnaître plus tard soit affectivement soit envers une dette contractée entre eux.
Ainsi tout objet, qu’il soit concret, naturel ou représentation mentale, peut devenir, par l'investissement fait sur lui, un symbole porteur d'une autre valeur que la sienne propre.
Il suffit pour cela que l’esprit prête et nomme consciemment ou inconsciemment une valeur, une qualité à l’objet investi en y attachant une histoire ou un affect, tout comme le fait l'enfant envers son doudou qui lui sert de substitut maternel tranquillisant.
Qu’ils soient pierres, métaux, arbres, fleurs, fruits, animaux, sources, fleuves, océans, monts et vallées, planètes, étoiles, feu, foudres ou de nature abstraite sous l'aspect de formes géométriques, de nombres, d'idées, de musique de représentations picturales, tous les objets concrets ou mentaux portent en eux cette propriété de pouvoir de devenir un support à fonction symbolique.
Dans le cadre du « festival du Freinet » mon propos aujourd'hui se focalisera particulièrement sur la compréhension de la nature des faits symboliques et mythologiques impliquant l'arbre, la forêt et ses habitants.
Depuis les temps les plus reculés, l'homme tout comme le petit enfant, sous l’action de leur imaginaire fantasmatique tant traditionnel que personnel, prête à la forêt une foison de fonctions et de représentations qui ne peut aucunement se comprendre en faisant fi de la réalité historique, écologique et mythologique de chaque personne et de la société qui l'accueille.
Sigmund Freud et Claude Levi-Strauss, chacun en leur domaine ont bien fait la démonstration de ces faits:
l’un par la découverte et l’exploration de l’inconscient,
l’autre par l’étude comparative des invariants des us et coutumes des sociétés traditionnelles qui a dégagé l’idée que «Toute culture peut-être considérée comme un ensemble de systèmes symboliques au premier rang desquels se place le langage, les règles matrimoniales, les rapports économiques, l’art, la science, la religion ».
L’engouement actuel, bien naturel et nécessaire, pour l’écologie, aurait selon moi pour fondement une « nécessité » fondamentale de nature neuro-biologique du psychisme humain en quête de tenter de réaliser une harmonie avec son environnement.
Si ce besoin est reconnu et promulgué depuis très longtemps dans les société traditionnelles, il a cependant été bridé ou oublié par nos esprits occidentaux globalement abâtardis du fait d'un long travail de sape « scientiste » et judéo-chrétien de notre civilisation dite « moderne » voulant le démantèlement, la soumission et l’appropriation de la Nature « sauvage ».
Ce renouveau écologique n'est en fait qu'une tentative réactionnelle de mise en sens du monde suite à l'effondrement successifs des différentes valeurs socio-politiques, économiques et religieuses jusqu'alors en vogue.
Pour faire court je dirais comme Carl Gustav Jung que la forêt est un parfait candidat comme support fantasmatique.
Telle une tâche du test de Rorschach, elle est capable de réveiller dans nos esprits l'expression d'une foule de représentations archaïques inconscientes ayant pour origine les diverses conceptions infantiles assez rudimentaires et fantaisistes que nous avons tous à l’état plus ou moins conscient du monde et des êtres qui l’habitent.
Tantôt féerique et protectrice, tantôt terrifiante et dévorante, la forêt est susceptible de refléter, sous l’effet d’un mécanisme de défense de type projectif, l’ambivalence affective et relationnelle que chaque être humain entretient envers son prochain notamment parental.
Cette ambivalence naturelle a pour raison d'être une mise à distance entre soi et l'autre.
Elle est comme la constitution d'une délimitation, d'une frontière, d’une enveloppe psychique interpersonnelle afin de pouvoir accéder à une autonomie équilibrée qui a pour avantage d’éviter de sombrer dans la dépendance ou dans l'indépendance affective, positions hautement aliénantes.
Ainsi la forêt, comme tous ses habitants, constitue un monde à la fois réel et fantasmatique foisonnant d’un nombre considérable de symboles vivants tant microscopiques que gigantesques (nains, ogres, géants) dont la fonction première serait de donner matière à une quête spirituelle de la juste place de chaque homme au sein de la nature dite « sauvage » ou « vierge » comprise entre l'infiniment grand et l'infiniment petit.
A cet égard la trilogie du « Seigneurs des anneaux » en est la parfaite illustration .
« Unificateur, le symbole remplit en conséquence une fonction pédagogique et même thérapeutique » d’après Chevalier et Gheerbrant. En effet, il fait appel, selon les cas à des sentiments d’identification ou de contre-identification. Le symbole témoignerait ainsi toujours de l'existence de forces sur-individuelles protectrices ou maléfiques ordonnançant le chaos du réel quand le besoin qu’a tout homme de vouloir contrôler son environnement.
En reliant les éléments distincts de l’univers, l'activité symbolique portée sur l'arbre et la forêt fait ainsi sentir à l’enfant et à l’homme qu’ils ne sont pas des êtres isolés et perdus dans le vaste ensemble qui les entoure.
L’arbre par sa présence immuable et gigantesque se prête facilement par analogie anthropomorphique à servir d’équivalent maternel soit protecteur soit engloutissant capable de retenir dans le lacis de ses branchages l’enfant englué dans son ambivalence à désirer tout à la fois rester totalement dépendant et s’émanciper à tout prix.
Tel est le bon côté des cabanes et des creux de souches sécurisants servant de refuges.
Tel est a contrario le mauvais côté persécuteur et engloutissant mis en scène par Walt Disney dans Blanche Neige et les sept nains. Dans un passage on voit la jeune fille se promener joyeusement dans une forêt idyllique emplie d'amis bienveillants puis s'affoler en percevant, par le jeu des ombres et lumières d'une subite tempête nocturne, l'autre face menaçante et terrifiante de ces mêmes amis.
Il ne faut pas oublier que l’enfant, qui persiste toujours en chaque adulte, n’a aucunement une représentation objective de la réalité. Son type de représentation du monde est d’ordre archaïque, très fantaisiste comme l’est celle de la pensée sauvage des sociétés dites traditionnelles ayant une vision animiste du monde.
C’est-à-dire la croyance que chaque objet, chaque être, chaque plante est la personnification d’un esprit ou d’une force occulte de nature bénéfique ou maléfique selon les cas.
Notons au passage que l’activité symbolique chez l’enfant et l’adolescent prend particulièrement sa source dans la vie imaginative en utilisant préférentiellement pour se développer l’imitation de personnages à travers notamment les modèles des héros, d’êtres fantastiques que notre société propose afin d’acquérir certaines de leurs qualités positives ou négatives.
Exagérée cette identification « risque, en se prolongeant, de susciter un certain infantilisme et de retarder la formation de la personnalité autonome » (p.20, Chevalier et Gheerbrant)
La forêt représente également cet espace sauvage, loin de la civilisation, du domicile familial, protecteur qui nous ramène à notre animalité, notre bestialité vivifiantes ou nous la rappelle parfois à notre corps défendant quand nous la refusons ou refoulons trop.
C’est ainsi que l’on peut expliquer la fabrication et l’utilisation des fétiches, grigris et porte-bonheur comme autant d’objets capables de repousser le danger ou au contraire d’envoyer des maléfices et d’attirer des grâces.
En psychologie clinique, chez l’enfant comme chez l’adulte, est parfois utilisé, à titre d’exploration fantasmatique les dessins d'un arbre ou d'une maison avec son jardin qui de par leurs formes et leurs dispositions traduisent certaines inclinaisons psychologiques permettant de mieux cerner la construction de la personnalité du sujet, ses racines, son développement et ses mécanismes de défense selon les formes exécutées.
L'arbre ou le jardin dessiné serait pour ainsi dire une sorte de double de soi révélateur du sujet.
La forêt , l’arbre, le tronc, l’écorce, les feuilles, la mousse, les racines, par leur formes et leurs évocations sensorielles sont tous des objets et des matières naturels très souvent associées instinctivement à des symboles anthropomorphiques ou à connotations sexuelles selon les cas.
Les créations de personnages imaginaires comme le sont les lutins, les elfes aux pouvoirs extraordinaires, les gnomes, les loups-garous ou les nains grotesques les plus divers peuvent être interprétés en général soit comme autant de représentations d'êtres familiers bienveillants ou malfaisants soit comme l'expression d’une sexualité que l’on ne peut ou ne veut s’avouer. Blanche Neige, ayant le dessus physique et psychologique sur ses petits amis, trouve plaisir à prendre une position parentale diamétralement opposée à celle que vit et subit normalement l’enfant dans sa famille et avec adultes en général.
L'existence même du « Front de Libération des Nains de Jardin » témoignerait de cette vision des choses. En effet, libérer les nains de jardin dans la forêt serait à comprendre comme un équivalent révolutionnaire d'une volonté contestataire de se défaire du poids des carcans sociaux tel l'a été celle en 68 par le Mouvement de Libération de la Femme qui revendiquait symboliquement l'abandon du soutien-gorge pour lutter contre le machisme général.
Afficher de manière ostentatoire son opposition sociale en plaçant dans son jardin une foule de figurines grotesques, serait la marque pour certains d'une défense fétichiste contre des forces obscures de la nature.
Pour d'autres, elle serait l'expression d'une lutte inconsciente à l'encontre des contraintes stérilisantes et aliénantes des jardins domestiqués, bien trop esthétiques, du monde dit civilisé dont elle serait la réaction symbolique la plus visible.
En effet rien de plus choquant que de voir ces figurines manifestement inesthétiques dans un jardin parfaitement agencé. Ce goût décalé pourrait se comprendre comme une timide tentative de révolte contre les diktats castrateurs générés par la vie en société.
Il serait la contre-réaction sublimée d'une impérieuse nécessité à vouloir exprimer librement sa vie sexuelle dans toute sa bestialité, au sens noble du terme, en tentant de la montrer ou de la sortir du carcan des carrés clôturés des jardins bourgeois.
En définitive la psychologie du libérateur de nains comme celle du collectionneur de nains serait la résultante d'un même besoin, mais symétrique, de se permettre de ne pas respecter la norme sociale en vigueur en cherchant à heurter la sensibilité de l’autre sans pour autant l’agresser directement.
C’est en cela que l’on pourrait taxer ces personnes de révolutionnaires ou d’anarchistes introvertis au caractère bon enfant.
Enfin de compte si la sagesse populaire nous a appris que l'arbre peut cacher la forêt ou qu'un train peut en cacher un autre, moi je me permettrais d'ajouter le proverbe suivant: un nain de jardin peut cacher la forêt luxuriante de l'inconscient de ses propriétaires comme de ses libérateurs.
Pour conclure on peut légitimement affirmer que la forêt identifiée au « ça » freudien est un véritable sac réservoir dans lequel pullulent toutes nos pulsions inassouvies en attendant qu'elles puissent « raisonnablement » s'exprimer.
Ladislas KISS
67, bis avenue de Wagram. 75017 PARIS
tel :0140750903
email : laszlo.tork@wanadoo.fr
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Quand l'enfant doué
est qualifié d'agité
Arielle ADDA
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Depuis quelques années un comportement agité,
qu'on aurait autrefois appelé " instabilité ", très
fréquent chez nombre d'enfants, est désormais connu sous le vocable
" d'hyperactivité ". Les symptômes en sont bien connus,
répertoriés et, comble de chance, il existe un traitement. Désormais
les parents peuvent vaquer en paix à leurs occupations et dormir
tranquilles : leur enfant ne perturbe plus la classe, il apprend bien et
il est plus calme à la maison. Il suffisait de définir correctement
l'ensemble de ces troubles et de leur trouver le remède approprié.
Quand il s'agit des enfants
doués, les incertitudes, les équivoques et les malentendus
s'accumulent comme à plaisir : tout le monde, ou presque, a maintenant
entendu dire que les enfants doués possèdent des caractéristiques qui
les différencient des autres, on ne sait d'ailleurs pas très bien
lesquelles, mais il est désormais facile de dire qu'un enfant un peu
différent est ainsi parce qu'il est " surdoué ". Ne reste
alors qu'à l'accepter comme tel et à prendre son mal en patience, ou
bien on le soigne, à l'instar des autres enfants. Il ne s'agirait,
après tout, que d'un syndrome comme un autre…
À la faveur de cet exemple on
peut constater à quel point la notion de don intellectuel engendre des
idées fausses. On en arrive à juger qu'un enfant fait partie de cette
fameuse catégorie dite de " surdoués " uniquement parce
qu'il ne cesse de s'agiter et les parents perplexes subissent leur sort
sans oser se rebeller, puisqu'ils ont la chance et le malheur d'avoir un
enfant pas comme les autres, mais si intelligent ! Ils s'entendent dire,
de façon plus ou moins explicite : " voilà ce qu'il en coûte
d'avoir un enfant surdoué et vous l'avez sans doute bien voulu ! "
On conseille donc de le mettre dans une " école pour surdoués
", lieu complètement mythique, car on sait qu'il n'existe
pratiquement pas d'" école pour surdoués " dans le Primaire.
Les parents partent à la quête de ce nouveau Graal, qui va résoudre
tous leurs problèmes, puisque leur enfant y trouvera enfin la
nourriture intellectuelle qui lui convient. Cette quête impossible
n'aboutit qu'à des solutions approximatives, peu satisfaisantes,
surtout quand cet enfant n'est pas plus doué qu'un autre, mais
seulement agité pour de multiples causes, allant du problème familial
non résolu à la véritable pathologie, à traiter en urgence. "
Enfant doué " ferait désormais partie de la nomenclature des
troubles et les enfants qui en seraient affligés ne peuvent s'adapter
en milieu scolaire dit normal, malgré les efforts louables de
l'Éducation Nationale pour intégrer dans ses classes toutes sortes
d'enfants un peu différents… dans cette optique, on considère qu'un
enfant est intellectuellement doué s'il est très perturbé, mais on
refusera de reconnaître ses dons à celui qui reste sage et calme,
parce qu'il préfère éviter de se faire remarquer et de semer la
zizanie au sein de la classe, même s'il n'y est pas très heureux.
Cependant, un enfant authentiquement doué peut,
en effet, s'agiter en classe parce qu'il est d'un caractère impatient
et qu'il connaît tout le programme alors que les autres peinent encore
pour en saisir les prémices. On le juge insupportable, mal adapté,
difficile, sans songer un instant qu'il puisse dire vrai quand il a
l'audace de prétendre savoir lire et opérer des soustractions alors
qu'il commence à peine son CP. Confronté à tant d'incompréhension,
il peut se replier tristement sur lui, et se calmer enfin, dans une
résignation désolée et parfois très nocive pour son évolution à
venir, ou bien se mettre dans des colères folles, explosives,
inquiétantes, colères qui peuvent brusquement cesser, une fois le don
intellectuel reconnu et compris, par exemple en lui accordant la faveur
tellement rare d'un saut de classe.
Pour eux comme pour ceux qu'on a indûment
qualifiés de " surdoués " à cause de leur comportement
empreint de bizarreries, un simple examen psychologique suffit pour
déterminer les causes d'une attitude déviante.
Il arrive aussi qu'un enfant qui avait été
dans son tout jeune âge une merveille de calme, de sagesse et de
maturité commence à donner tous les signes de l'agitation la plus
désordonnée peu après son entrée à la Maternelle, entrée à
laquelle il aspirait de tout son être. Non seulement il est un peu
déçu de ne pas encore aborder la connaissance telle qu'il la conçoit
et les moyens d'y accéder, mais surtout, et pour la première fois de
sa vie, il se surprend en situation d'échec et la toute-puissante
maîtresse le lui fait bien sentir. Il est alors envahi par une
appréhension insupportable à l'idée qu'il va se révéler
défaillant, décevant, et peut-être irrémédiablement idiot, lui qui
désirait tant goûter aux plaisirs dispensés par le savoir et en
attendait un bonheur infini. Il croit qu'il va être obligé de renoncer
à ces joies multiples pour s'enfoncer dans un terne ennui, puisqu'il se
montre incapable de réussir les tâches qu'on lui propose. La pression
qu'il s'impose à ce moment-là est intenable, insoutenable, si
douloureuse que l'enfant dans l'angoisse ne cesse de s'agiter, comme
pour échapper à cette oppression qui l'écrase : cet enfant endolori,
qui remue en tout sens sans jamais trouver de repos, offre un spectacle
d'autant plus pénible à contempler qu'on se souvient encore de sa
sagesse admirable. Il est alors urgent de démonter avec lui le
mécanisme qui l'a conduit à cette situation impossible, de le
dédramatiser, si possible avec l'appui de la maîtresse, qui ne pouvait
se douter des exigences perfectionnistes de cet élève ni de l'angoisse
mortelle qui l'étouffe, quand il voit les plus sombres perspectives
d'avenir remplacer l'image idéale d'un enfant progressant joyeusement
sur les chemins de la connaissance.
Cet aperçu de situations pourtant
emblématiques n'évoque pas le cas le plus fréquent et le plus
délicat à cerner : celui des enfants reconnus comme doués et qui ont
du mal à conserver une bonne concentration d'esprit.
Cette difficulté à rester attentif en toute
occasion est d'autant moins reconnue par les parents que ces enfants
sont capables de rester des heures sans bouger si une activité les
passionne. Il en va ainsi pour les fameux puzzles de mille - ou de
multiples de mille - pièces que certains enfants d'à peine 2 ans
réussissent grâce à une attention sans égale et dont les parents
parlent encore des années plus tard pour appuyer leurs dires.
Les maquettes d'autrefois, remplacées par les
légos, le tout supplanté par l'omniprésent ordinateur ont toujours su
mobiliser totalement un enfant, ailleurs qualifié d'agité, mais qui
réussit ici à merveille, preuve irréfutable de ses qualités
d'attention.
En classe, ces enfants semblent papillonner, ils
comprennent immédiatement toute explication, ils réussissent quelques
exercices, puis ils se désintéressent du sujet et passent à un autre,
tout différent, pour suivre un processus identique. Ils ne lisent que
les histoires évoquant les sujets qui les intéressent et deviennent
analphabètes face aux autres livres, ils peuvent écrire sans faute
quand c'est nécessaire mais usent ailleurs d'une orthographe
épouvantable, ils saisissent une règle en mathématique, mais
accumulent les erreurs de calcul quand il faut l'appliquer dans des
exercices, ils ont compris de quoi il s'agissait, cela leur suffit,
point n'est besoin alors de s'éterniser sur un sujet qui devient
ennuyeux à force d'être rabâché. Cette approche trop superficielle
ne tarde pas à révéler ses dangereuses failles : l'élève doué ne
s'est pas constitué une " banque de données mentales " son
seul projet était de comprendre et non de répondre aux exigences dans
un protocole qui lui paraît extrêmement contraignant et qu'il refuse
comme s'il lui était impossible de s'y soumettre. (Cette description
est inspirée par les méthodes de Gestion Mentale mises au point par
Antoine de la Garanderie, appliquées par Hélène Catroux). Dans ces
conditions, rien n'est vraiment acquis, tout le savoir est intégré
d'une façon embrouillée qui interdit de retrouver un élément dans
son esprit au moment opportun. On sait qu'on a rangé quelque chose dans
un tiroir, mais il est impossible de s'y retrouver dans ce fouillis.
Hors de son contexte, qui facilite le mécanisme de la mémoire et
l'émergence d'un souvenir, il devient trop difficile de retrouver une
donnée isolée.
Cette incapacité à mobiliser son attention
durant le temps nécessaire pour assimiler parfaitement une donnée
nouvelle et pouvoir l'utiliser à tout moment, même longtemps après
qu'elle a été abordée, fait dire que cet élève distrait est trop
agité pour conserver une efficace concentration d'esprit, puisqu'il a
déjà envie de passer à un autre sujet et qu'il bavarde, se dissipe et
perturbe la classe studieuse qui applique les règles nouvellement
découvertes dans des exercices un peu fastidieux, mais destinés à
entraîner utilement l'esprit et à automatiser ce type de réflexion
grammaticale, mathématique, logique, et tout ce qui s'apprend en classe
pour la vie.
Ces enfants ressemblent à des
boulimiques qui ne peuvent plus s'arrêter d'enfourner de la nourriture,
avec un sentiment d'urgence de plus en plus contraignant, comme si la
nouvelle boîte de biscuits, tout comme la découverte d'une nouvelle
formule mathématique, allait enfin combler ce désir insatiable
d'amasser, d'accumuler… de plus en plus vite et d'une façon de plus
en plus vorace, qui rend impossible toute réelle assimilation.
On pense aussi à ces lecteurs de romans
policiers, incapables de contenir leur curiosité et qui ne peuvent
s'empêcher de sauter à la dernière page pour éviter un insoutenable
suspens.
Comment faire comprendre à un enfant à
l'esprit vif, vivacité dont ceux qui savent l'apprécier le
complimentent habituellement, qu'il est parfois obligatoire de se livrer
à des exercices répétitifs, même s'ils lui semblent d'un mortel
ennui. On peut d'ailleurs partager son point de vue et le comprendre :
il est, certes, ennuyeux, lassant, d'un épouvantable manque d'intérêt
de recommencer, éternellement semble-t-il, des exercices d'une totale
facilité pour celui qui en a si bien compris le principe et qui ne peut
imaginer qu'il en aura tout oublié quelque temps plus tard. Par la
suite, c'est à cause de son angoisse, suscitée par la brutale
découverte de son ignorance, qu'il s'agitera, comme pour se donner une
contenance. On parlera alors d'un autre syndrome, celui de "
déficit d'attention " et tout semblera dit.
En attendant, on se trouve face à un enfant de
11, 12 ou 13 ans en graves difficultés scolaires, alors qu'il avait
toujours été brillant, bien qu'un peu agité à cause de l'ennui
provoqué par les longues, et même interminables, explications
ressassées par la maîtresse, soucieuse d'être comprise par toute la
classe.
Pour éviter cette catastrophe, on peut tenter
de lui expliquer, dès son plus jeune âge, qu'il est nécessaire de
s'imposer une discipline, de la même manière qu'il y consent pour son
sport favori, et que les exercices sont absolument et impérativement
obligatoires, parce que sa responsabilité commence déjà à ce
moment-là et que son devenir est en jeu. Il aura du mal à croire que
sa facilité, qui lui semble si naturelle et lui permet de se contenter
d'une écoute distraite des explications, que cette facilité donc
puisse l'abandonner un jour, il pensera que les règles sont pour les
autres, et qu'il bénéficie d'un régime spécial, puisque l'école
l'ennuie un peu, parce qu'il n'est pas très scolaire et qu'il a de
bonnes raisons pour dire qu'il ne sert à rien de recommencer dix fois,
cent fois le même exercice, mais un jour arrivera où il se sentira
perdu et le cerveau vide face à une question que tous les autres
sauront résoudre dans l'instant.
La notion d'effort est indispensable pour
permettre aux enfants doués de progresser, le plus souvent un saut de
classe leur permet de la découvrir, mais cet effort doit aussi porter
sur l'acceptation de la contrainte si difficile à s'imposer à
soi-même quand rien n'y oblige encore. Il faut apprendre à travailler,
cette aptitude est encore plus rare chez les enfants doués qui se sont
passés si longtemps de cette pénible obligation. Fournir un effort de
longue durée oblige à acquérir une plus grande maîtrise de soi, mais
les enfants doués, longtemps abusés par leur facilité, ignorent ce
type de travail au long cours. Pour eux, tout doit arriver tout de
suite, ici et maintenant, tout retard ou tout délai leur étant
insupportable.
C'est pourtant à ce seul prix que la réussite
est possible, puisqu'il s'agit des fondations d'un savoir qu'il faudra
utiliser sa vie durant.
L'agitation, qualifiée, le plus souvent à tort
dans le cas des enfants doués, d'" hyperactivité ", n'est
qu'une toute petite partie des manifestations d'un caractère impatient
et passionné. Elle ne doit pas être isolée de l'ensemble de la
personnalité mais elle peut être apaisée par des règles de conduite,
dont on expliquera le bien-fondé, plutôt que par des médicaments.
L'ignorer, en pensant qu'elle va disparaître d'elle-même, ou la subir
sans la combattre parce qu'on la croit inhérente au don intellectuel,
constitue une perte de temps et un gaspillage de dons.
©
Arielle Adda - Juillet 2000
Mise
au point sur l'hyperactivité
de l'enfant et de
l'adolescent
Docteur Ladislas KISS
Ces derniers temps la question de l’hyperactivité
normale ou pathologique suscite de nombreuses prises de positions entre
les tenants de la psychologie, de la neurologie et de l’éducation. Tout
comme le phénomène de la précocité intellectuelle, il ne s'agit pas
d'un trouble d’apparition récente ni d'un phénomène de mode. Décrits
depuis plus d’un siècle les symptômes de déficit d’attention et d’agitation
ont été répertoriés et appréhendés sous diverses
terminologies : instabilité psychomotrice, hyperkinésie, trouble de
l'attention avec hyperactivité, hyperactivité avec trouble de
l'attention.
Qu'entend-t-on par hyperactivité ?
L'American Psychiatric Association dans sa quatrième
classification des troubles mentaux (DSM-IV) décrit le trouble
hyperactif avec déficit de l'attention (THADA) tandis que l'OMS dans
sa CIM 10 propose des critères diagnostiques similaires sous la mention trouble
hyperkinétique.
2 et 5 % des enfants en âge scolaire présente une
hyperactivité soit environ 200 000 enfants en France, ce qui correspond
à en moyenne à la présence statistique d’un enfant hyperactif par
classe dans un rapport de trois ou quatre garçons pour une fille. La
caractéristique des enfants hyperactifs est qu’ils ont des difficultés
précoces et durables dans trois domaines en proportion variable sous
forme d'hyperactivité, d'impulsivité et d'inattention, difficultés
aucunement en accord avec leur maturité d’âge.
Pour ce qui est de l'inattention. L'enfant THADA se
laisse très facilement distraire par n'importe quel stimulus extérieur
et ne peut se concentrer. En famille, il semble ne jamais écouter, ne
peut se concentrer, est dans la lune, ne peut travailler, passant sans
arrêt d'une activité à une autre sans terminer celle en cours, perd
continuellement ses affaires, ne retient pas les consignes mêmes les plus
simples. Socialement, l'enfant hyperactif a d’énormes difficultés à
participer à une conversation car il intègre très mal les
préoccupations des autres, les règles conversationnelles ou celles des
jeux proposés. Enfin à l'école, on se plaint de lui tant par ses
attitudes que des consignes de travail non respectées.
Pour ce qui est de l'impulsivité. L'enfant répond
et réagit vite, trop vite, sans tenir compte des conséquences possibles
des ses actes et paroles. Impatient, centré sur lui-même, il a tendance
à harceler sans cesse pour atteindre ses buts, ce qui le rend souvent
très impoli et tend à le mettre en marge des autres s’il ne se fait
sanctionner de manière répétitive (parents, professeurs, camarades)
jusqu’à parfois devenir un souffre-douleur.
Pour ce qui est de l'hyperactivité. L’enfant
THADAprésente une activité motrice excessive pour son âge. Selon son
entourage "il ne peut rester assis ", " il bouge tout le
temps ", " il fait des bruits incongrus ", " il
n'arrête pas de parler ". Ainsi, à l'école, l'enfant ne peut
rester assis tranquillement, il se lève sans permission, tripote des
objets (crayons, petits jouets, trombones), se retourne pour parler à ses
camarades de classe, émets des bruits incongrus, des commentaires à voix
haute ou par maladresse renverse à grand fracas, règles et crayons jusqu’à
tomber à la renverse de sa chaise sur laquelle il se balance.
La variabilité de la proportion de ces 3 symptômes,
permet de décrire trois types d'hyperactivité : le type mixte, le type
à inattention prédominante et le type hyperactivité/impulsivité
prédominante. Chez les filles on retrouve plus souvent la forme à
inattention prédominante qui en fait des élèves rêveuses, dans la
lune, mal organisées.
10 à 90% des enfants THADA présentent des troubles
des apprentissages ou du comportement assosiés de petite ou grande
intensité. Ainsi, en particulier chez les garçons, le trouble
oppositionnel de l'enfant qui conteste, refuse, se met en colère, ne se
prête pas aux règles de vie est présent dans la moitié des cas au
THADA. Un quart des enfants hyperactifs sont anxieux et 10 à 40%
dépressifs du fait de leur sentiment d’échec et de rejet. Les troubles
du sommeil sont fréquents avec difficultés d'endormissement, coucher
tardif, sommeil agité, réveils nocturnes, fatigue.
Dianostics différentiels d’ hyperactivité
Beaucoup d’enfants présentent naturellement des troubles de l'attention
ou des comportements agités. C’est le cas de l'enfant jeune normalement
turbulent qui aime courir, sauter, escalader. Cependant il existe des
hyperactivités motrices secondaires à une autre pathologie connue
somatique, psychiatrique, neurologique ou dues à un traitement médical
particulier : l'hémiplégie infantile, des lésions cérébrales
(traumatismes, épilepsies) ou des maladies endocriniennes thyroïdiennes,
les traitements par corticoïdes, psychotropes, anticonvulsivants,
antiallergiques.
L'hyperactivité ou des comportements sociaux inadaptés peuvent
également être la marque de troubles envahissants du développement
autistique ou du syndrome d'Asperger. Mais, un épuisement, une
dépression, une anxiété, un retard mental ou une précocité
intellectuelle se révèlent parfois paradoxalement par une agitation.
Comment faire le diagnostic ?
Le médecin de famille peut suspecter sa clinique mais
sa confirmation est soumise à compétences d'une équipe spécialisée
hospitalière de pédopsychiatrie ou de neuropédiatrie. Le diagnostic est
avant tout clinique, il s’appuie essentiellement sur le recueil de
diverses données collectées auprès de la famille et de l'école de
l'enfant, mais aussi sur l'observation directe de l'enfant en consultation
et son comportement en salle d'attente. L'examen est complété par une
batterie de tests d’évaluation psychologique, comportementale (Conners)
et d’efficience intellectuelle. Certains tests sont plus spécifiques de
l'exploration de l'attention - comme le test de Stroop, les tests de
barrage, le CPT (Continuous Performance Test) sur ordinateur - ou de
l'évaluation des fonctions exécutives.
Quelles sont les causes de l’hyperactivité ?
Jusqu’à ce jour aucune cause n’a pu être
spécifiquement identifiée. On observe pour ce trouble une intrication de
divers facteurs neurobiologiques, génétiques, psychologiques et
éducatifs. Sur le plan biochimique, la notion d'un dysfonctionnement
dopaminergique et noradrénergique est retenue depuis de nombreuses
années avec l’hypothèse, pour la dopamine, de l’existence d'une
hypoactivité corticale expliquant les perturbations cognitives et d'une
hyperactivité sous-corticale engendrant l'hyperactivité motrice. En ce
qui concerne la noradrénaline, on retient l’idée d’une part d’une
hypoactivité corticale rendant compte du déficit de mémoire de travail
et d’autre part d’une hyperactivité sous-corticale responsable de
l'excitabilité.
De nombreux facteurs environnementaux et pré- et
périnataux ont été répertoriés favorisant l’hyperactivité de l’enfant
:grande prématurité, hypotrophie néonatale, stress anténatal,
intoxications pendant la grossesse (tabac, cocaïne, alcool, plomb). Mais
des facteurs relationnels sont aussi en jeu : une dépression
maternelle, des difficultés intrafamiliales, l'instabilité psychosociale
(placement, précarité, maladie mentale d'un parent). Tous ces facteurs
sont susceptibles de générer ou d’aggraver un THADA de l’enfant.
C'est la raison pour laquelle, on doit impérativement tenter d’intervenir
sur ces dimensions psychosociales et environnementales parallèlement au
traitement médical.
Comment traiter ces enfants?
La prise de traitements médicamenteux à visée
psychotrope s’avère utile dans le traitement de l'enfant hyperactif
mais sa seule prescription est souvent bien insuffisante. Un bon processus
thérapeutique associe obligatoirement des approches éducatives,
rééducatives, psychothérapiques et familiales.
Ainsi les psychothérapies cognitivo-comportementales,
en groupe ou individuelles s’attacher à modifier le comportement de
l'enfant et à l’aider dans sa perception de lui-même. Les
psychothérapies psychodynamiques, mises en œuvre en parallèle, visent
à travailler l'histoire familiale et d'analyser et modifier les
conditions de vie et relationnelles de l'enfant afin de créer un climat
propice à la confiance en soi et au calme.
En complément les approches orthophoniques ou la rééducation
psychomotrice peuvent contribuer à la rééducation du trouble
attentionnel et à fournir à l'enfant des stratégies adaptatives plus
efficaces pour faire face à son trouble.
Les traitements de l’hyperactivité
Les psychostimulants à base de produits amphétaminiques (méthylphénidate)
représente de nos jours le traitement électif. Ces produits peuvent
être délivrés chez l'enfant de plus de 6 ans, sans limite supérieure
d'âge. La première prescription est toujours hospitalière, réservée
aux seuls services spécialisés de psychiatrie, de neurologie et
pédiatrie et doit être effectuée sur une ordonnance sécurisée pour
durée maximum d'un an. Dans la période intermédiaire entre deux
prescriptions hospitalières, les renouvellements, tous les vingt-huit
jours, peuvent être effectués par tout docteur en médecine : ces
renouvellements doivent être faits sans modification des doses indiquées
par l'ordonnance hospitalière. Il est recommandé d'interrompre le
traitement au moins une fois par an, de préférence pendant les congés
scolaires de longue durée (vacances d’été) afin d’apprécier la
pertinence de sa poursuite à la rentrée suivante. Généralement, ce
traitement est assez bien toléré. Les effets indésirables sont peu
importants notamment avec les nouvelles formes galéniques à libération
prolongée. Ainsi irritabilité, troubles d'endormissement et une
diminution de l'appétit surtout en début de traitement sont souvent
bénins et ne nécessitent pas l'arrêt du traitement. D’autres effets
indésirables sont plus rares : céphalées, vertiges, douleurs
abdominales.
Les anxiolytiques et sédatifs en complément peuvent
moduler certains troubles notamment de l’anxiété et du sommeil
participant à aggraver le trouble hyperactif du fait de l’épuisement
qu’ils engendrent.
Conclusion :
« Les caractéristiques comportementales
et cognitives des enfants hyperactifs sont globalement peu compatibles
avec les exigences scolaires. Le rôle de l’enseignant est primordial
dans la réussite de l’intégration de l’enfant au sein de la classe
et dans l’accès aux apprentissages. Cela n’est possible que s’il
connaît le trouble et travaille en collaboration avec les parents et les
soignants » (Le Heuzey)
Bibliographie :
Marie-France LE HEUZEY : L’enfant hyperactif.
Editions Odile Jacob, 2003.
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Trouble
de l'activité
Docteur
BENHAMMOU HOUYAM
Mon
enfant est-il hyperactif ?
Plusieurs
critères permettent de distinguer
entre
différents types de comportement
Publié
dans le "Matin" le : 02.07.2009 |
15h21
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De
son appellation exacte, trouble de déficit de
l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH),
l'hyperactivité est une maladie qui se
définit comme un trouble de l'activité
motrice et de la capacité de concentration de
l'enfant, qui présente un décalage net par
rapport au niveau de développement
normalement atteint à son âge.
L'enfant
a alors une tendance à être très impulsif,
parfois agressif. Mais, surtout, il a une
capacité de concentration anormalement
faible. Contrairement à ce que l'on peut
penser, cette pathologie n'est pas une
nouvelle découverte. Elle a été décrite
cliniquement dès le début du XXe siècle,
mais ce trouble, a probablement, toujours
existé. Il se rencontre partout dans le monde
et dans toutes les classes sociales. C'est une
maladie de plus en plus médiatisée, mais
encore mal reconnue au Maroc. Pour preuve, il
existe encore très peu de centres
spécialisés dans le traitement et l'accueil
de ces enfants. On estime aujourd'hui que
l'hyperactivité affecte entre 3 et 6 % des
enfants d'âge scolaire avec une
prépondérance chez les garçons, les filles
souffrant de TDAH sont plus difficiles à
diagnostiquer.
Causes et facteurs de risque
En général, les capacités de concentration
de ces enfants évoluent après 5 ans et une
amélioration notable du comportement
apparaît vers 8 ans. Toutefois, il peut
subsister un certain nombre de problèmes
comportementaux et de difficultés de
perception. Tendance à la distraction,
agressivité et immaturité affective peuvent
persister. L'hérédité semble être un
facteur déterminant et on retrouve souvent,
dans les antécédents familiaux de l'enfant
hyperactif, un parent ayant présenté les
mêmes symptômes. A cela s'ajoute, un certain
nombre de causes fondées sur des
antécédents de complications pré ou
périnatales, ou de lésions, d'infections ou
d'intoxications au cours de la première
enfance. Pour beaucoup de spécialistes, les
anciens prématurés, surtout de poids de
naissance inférieur à 1500 g (toxémie,
malnutrition in utero, alcoolisme ou syndrome
foeto-alcolique, anoxie néonatale, ictère
nucléaire...) seraient très souvent à la
source de cette anomalie. Le tabagisme de la
mère, les conditions socio-économiques
défavorables, les anomalies audiovisuelles,
la phénylcétonurie, l'autisme,
l'intoxication par le plomb (saturnisme),
l'épilepsie temporale ont été également
incriminés. Les traitements par les
antidépresseurs tricycliques pourraient jouer
un rôle favorisant chez certains enfants
présentant un trouble neurochimique
héréditaire. Les troubles de la glycémie
ont été incriminés sans preuve. Le manque
de vitamine B également. Une insuffisance du
métabolisme des catécholamines a été
évoquée. Un retard dans la maturation
cérébrale dû à un ou plusieurs facteurs
nocifs est également soupçonné.
Signes alarmants Les trois principales
caractéristiques du TDAH sont l'inattention,
l'hyperactivité et l'impulsivité. Elles se
manifestent chez l'enfant avec une difficulté
à être attentif de façon soutenue à une
tâche ou à une activité particulière.
L'enfant est facilement distrait. Cependant,
s'il porte un grand intérêt pour une
activité, il contrôle mieux son attention.
Mais aussi avec des erreurs de distraction
dans les devoirs scolaires, les travaux ou les
autres activités, une difficulté à
commencer et à terminer ses devoirs ou ses
autres tâches, une tendance à éviter les
activités qui nécessitent un effort mental
soutenu, une impression que l'enfant ne nous
écoute pas lorsqu'on s'adresse à lui.
L'enfant trouvera également du mal à retenir
les consignes, à s'organiser. Il aura
tendance à perdre fréquemment des objets
personnels (jouets, crayons, livres, etc.).
D'autres signes plus alarmants peuvent
prévenir les parents de l'hyperactivité de
leur enfant. Ainsi un hyperactif aura tendance
à remuer souvent les mains ou les pieds, à
se tortiller sur sa chaise. En classe ou
ailleurs, il ne pourra jamais rester assis.
Grimper partout, courir dans tous les sens et
parler sans arrêt sont les syndromes les plus
flagrants. Quant à l'impulsivité, elle peut
être dépistée aussi aisément, puisque
l'enfant aura tendance à interrompre les
autres ou à répondre à des questions qui ne
sont pas encore terminées. Il imposera sa
présence, et fera irruption dans les
conversations ou les jeux, il n'attendra
jamais son tour. Son caractère sera
imprévisible et changeant avec de fréquentes
sautes d'humeur. Au final, cela donnera un
enfant très bruyant, antisocial, voire
agressif, ce qui peut générer de
l'isolement, d'où les autistes hyperactifs.
Existe-t-il des traitements efficaces ?
Il n'existe pas de traitement curatif.
L'objectif de l'intervention est d'atténuer
les conséquences du TDAH chez l'enfant ou
l'adulte, c'est-à-dire ses difficultés
scolaires ou professionnelles, ses souffrances
liées au rejet qu'il subit souvent, sa faible
estime de soi, etc. Créer un contexte qui
permettra à la personne atteinte du TDAH de
vivre des expériences positives fait donc
partie de l'approche préconisée par les
médecins, les psycho-éducateurs et les
orthopédagogues. Les parents jouent un rôle
crucial. En effet, bien que de nombreux
professionnels accompagnent l'enfant et la
famille, « les parents demeurent les
"thérapeutes" les plus importants
pour ces enfants», affirment les
spécialistes. Il n'est pas facile d'établir
un diagnostic de TDAH, car les mêmes
symptômes peuvent résulter de troubles
divers en rapport plus ou moins étroit avec
le TDAH. Par conséquent, le diagnostic
reposera sur une évaluation approfondie de
l'enfant et de son milieu de vie. Le médecin
s'intéresse d'abord à son développement
psychomoteur.
La consultation se fait en présence des
parents qui seront invités à dresser un
historique du développement de l'enfant. Des
tests psychologiques et neuropsychologiques
peuvent aussi être utiles afin d'évaluer le
quotient intellectuel et le potentiel
d'apprentissage scolaire de l'enfant. Ce
dernier est finalement interrogé sur ses
difficultés actuelles.
Les parents, assistés par le médecin et
d'autres professionnels, doivent aussi se
pencher sur ces questions : en classe,
l'enfant vit-il un problème d'attention ou
d'intérêt ? S'agit-il d'un manque de
motivation qui se manifeste uniquement durant
certaines activités ? S'agit-il d'un enfant
agité ou hyperactif ?
Certains stimulants sont prescrits pour le
TDAH, et paradoxalement, ces stimulants
légers du système nerveux central apaisent
l'enfant, améliorent sa concentration mentale
et lui permettent de vivre davantage
d'expériences positives. On observe souvent
une amélioration des résultats scolaires.
Les relations sont aussi plus harmonieuses
avec les parents et les amis. Chez certains
enfants, les effets sont spectaculaires. En
général, on ne prescrit pas de stimulants
avant l'âge scolaire. Il arrive néanmoins
qu'on l'envisage chez des enfants plus jeunes.
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Adultes
hyperactifs, osez demander de l'aide!
Lorsque nous
reconnaissons notre souffrance ou notre
difficulté, il n'est pas sans intérêt de
pouvoir nous confier à une personne neutre
qui peut nous aider à prendre du recul.
Consulter notre médecin de famille, un
psychologue, un travailleur social est un
excellent moyen pour départager ce que nous
vivons. Le professionnel devra prendre le
temps de nous écouter, de poser des
questions, de vérifier notre état de santé,
de nous suggérer des examens supplémentaires
au besoin, afin de bien cerner notre
difficulté. Le déficit d'attention commence
à être reconnu comme un trouble de santé
mentale distinct chez les adultes, et peu de
professionnels sont à jour dans leurs
connaissances à ce sujet.
Normalement, le professionnel devrait prendre
le temps pour reconstituer notre histoire
personnelle, de faire un examen
neuropsychologique à l'aide de questionnaires
ou de tests psychologiques, de vérifier nos
antécédents médicaux (accidents à la
tête, maladies, etc.) et nos habitudes de
vie. Le médecin devrait également faire un
examen neurologique sommaire. Enfin, le
professionnel devrait essayer d'éliminer
toutes les autres causes possibles à la
difficulté d'attention, de façon à poser le
bon diagnostic et surtout apporter le
soulagement approprié à notre état. Il est
enfin important que nous puissions poser des
questions au professionnel sur notre
difficulté et que celui-ci puisse y
répondre. Le climat de confiance entre le
medecin et le patient est essentiel dans le
traitement du déficit d'attention. Il faudra
peut-être oser nous adresser à plusieurs
professionnels tant que nous ne trouvons pas
quelqu'un qui puisse nous rassurer et nous
éclairer.
Par
Benhammou Houyam | LE MATIN
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Le conformiste
Arielle ADDA
« Bon élément » : cette appréciation l’a suivi pratiquement depuis son entrée à l’école.
Certes, il avait bien été un peu déçu quand il avait compris qu’on n’allait pas à l’école pour découvrir les merveilles du savoir, mais pour apprendre à vivre ensemble, à jouer ensemble, à « se socialiser ». Cela tombait bien pour lui, qui était d’une nature sociable, en même temps que d’un heureux caractère.
Peut-être ses parents pensaient-ils qu’il allait à l’école avec plaisir, puisqu’il y retrouvait des petits camarades, des enfants gentils qu’on recevait pour les anniversaires. Il ne désirait pas les inquiéter et, d’ailleurs, comment aurait-il pu exprimer, à 3 ou 4 ans, ce désenchantement flou, cette déception imprécise et cette frustration agaçante ?
Pourtant, il surprenait parfois une lueur d’inquiétude dans le regard de ses parents quand il rentrait de l’école, calme et serein, mais sans avoir envie de raconter sa journée, puisqu’il ne s’était rien passé.
La maîtresse disait de lui qu’il était un enfant sans histoire, bon camarade, sage et pourtant d’esprit vif ; elle lui confiait même à l’occasion de petites responsabilités, mais dans les limites du raisonnable pour éviter la jalousie des autres.
Elle avait tout de même été surprise quand les parents lui avaient confié, un peu imprudemment il est vrai, que leur enfant savait lire bien avant d’entrer au CP. Eux-mêmes ne savaient pas comment il avait appris, ils s’étaient bien gardés de lui expliquer comment déchiffrer pour éviter qu’il ne s’ennuie ensuite en classe. En tous cas, il n’avait jamais montré qu’il savait lire, il ressemblait à tous les élèves et ânonnait docilement ses syllabes quand venait son tour.
Si ses parents se tourmentaient ainsi, c’est qu’ils avaient conservé le souvenir de leur profond ennui en classe, mais ils avaient manifestement tort de s’inquiéter : leur enfant semblait aller le mieux du monde, si ce n’était cette discrétion, peut-être exagérée, à propos de ses occupations scolaires.
Quant à lui, il ne pouvait s’empêcher de considérer avec une pitié attristée ceux de ses camarades de classe qui supportaient mal toutes ces contraintes : ils s’agitaient, protestaient même à l’occasion, ils étaient bruyants, maladroits, distraits, ils perdaient leurs affaires et semblaient vivre dans la confusion. Durant la classe, ils rêvaient tellement ostensiblement que c’en était gênant. Ils n’étaient pas très nombreux à se comporter de la sorte, mais, certaines années, il y en avait en un dans sa classe.
Curieusement, c’est avec celui-là qu’il pouvait parler plus facilement, rire même de plaisanteries qui laissaient les autres de glace et la maîtresse s’étonnait de cette entente entre enfants tellement différents.
Lui aussi rêvait, mais avec la discrétion qu’il mettait en toutes choses : il avait vite appris à conserver un état d’alerte minimum qui lui permettait de ne pas manquer une explication nouvelle et de savoir à peu près où on en était. Il était même très fort pour répéter les dernières phrases prononcées.
Cela aurait été insupportable de devoir rester constamment attentif pour écouter des données qu’il lui semblait connaître depuis toujours. Certains jours, les leçons faisaient penser à une bande qui tournerait en boucle, mieux valait alors s’évader dans des univers plus attrayants pour éviter de s’endormir. Quand son imagination galopait ainsi, il offrait le visage souriant, détendu et heureux de l’enfant intéressé, sans bouger puisqu’il était pratiquement hors de son corps, mais la maîtresse appréciait hautement ce calme remarquable.
Très vite, il avait compris qu’il était inutile de se rebeller, comme les pauvres innocents qui payaient ensuite chèrement cette révolte : le sort des enfants consiste à aller à l’école, mais il n’est nulle part spécifié qu’ils doivent y trouver du plaisir.
D’ailleurs, il entendait bien ses parents, le soir, se plaindre de leur travail, parfois fastidieux, ou épuisant, de leurs chefs, qui ne songeaient qu’à leur carrière, de leurs collègues, aux plaisanteries faciles et aux intérêts limités. Heureusement, ils parlaient aussi de leur bonheur quand ils avaient particulièrement bien réussi une recherche, une mission, un travail plus délicat. Il ne comprenait pas tout, mais parfois, il avait l’impression que la vie offrait plus d’occasions d’ennuis que de raisons de se réjouir.
Par bonheur, il y avait les fins de semaine, quand il pouvait s’amuser comme il le voulait ou même lire indéfiniment sans qu’on lui fasse de remarques. Ses parents lui avaient raconté combien ils aimaient lire, eux aussi, quand ils avaient son âge et ils parlaient ensemble de livres qui leurs avaient plu à eux tous.
Parfois, on allait se promener, visiter des musées, des châteaux qui avaient abrités des personnages extraordinaires à la vie passionnante, ou encore, ses parents voyaient des amis et, chaque fois, il s’entendait à merveille avec leurs enfants. Il avait bien des « copains » en classe, mais ses parents s’étonnaient de sa relative indifférence, il n’avait pas l’air particulièrement malheureux quand l’un d’eux disparaissait de son horizon. Ces « copains » étaient de bons compagnons pour les jeux dans la cours de récréation, mais, de là à se sentir complètement en confiance avec eux, au point de leur faire partager ses livres préférés et ses rêves … Eux , se souvenaient de leur désarroi lorsqu’un ami cher devait déménager.
C’est sans doute pour ces moments heureux qu’il supportait l’ennui pesant du reste de la semaine.
Il y avait tout de même des moments plus intéressants ; il se souvenait du jour où la maîtresse avait expliqué le principe de la multiplication, il avait été passionné, mais, comme rien n’est parfait, il avait fallu ensuite apprendre une interminable table de multiplication alors qu’il était si facile et amusant de retrouver le résultat en calculant à toute vitesse, mais il voyait bien que ses parents auraient été contrariés et que la maîtresse n’aurait pas été contente du tout.
Une année restait dans sa mémoire comme un souvenir étincelant : la maîtresse semblait le comprendre tout naturellement : c’était en CM1. Il se sentait comme une plante qui s’épanouit enfin sous un bienfaisant soleil matinal. Une fois, elle avait demandé à ses élèves d’écrire un poème, les autres avaient rigolé, paniqué et bâclé un texte informe. Il avait pensé que c’était spécialement pour lui qu’elle avait donné ce devoir, elle avait deviné qu’il écrivait en secret de la poésie et elle avait voulu lui faire plaisir, mais il était resté discret dans ses débordements poétiques : son texte était sobre et de bonne tenue.
La vie en classe était ainsi parsemée de petits bonheurs qui la rendaient plus supportable : il avait aimé la découverte de l’anglais (mais ensuite, il avait eu l’impression de ne plus rien apprendre) il avait adoré l’algèbre, ce nouveau langage, et certains moments d’histoire ou de géographie ouvraient de nouvelles fenêtres pour ses rêves. Il avait ainsi chevauché de fiers destriers, cherché le Graal, combattu les félons pour son gentil Prince, il avait été parfois ce Prince lui-même et on ne comptait plus les dragons qu’il avait vaillamment exterminés ni les Princesses qu’il avait glorieusement sauvées. Quant à la jungle amazonienne, il l’avait parcourue sans crainte, il avait aussi remonté quelques fleuves terribles.
Il espérait seulement que cet arrangement allait tenir jusqu’à la fin de sa scolarité. Il avait compris que ses parents avaient rencontré des problèmes dans les grandes classes, même s’ils en parlaient peu. C’était l’éclair de crainte passant parfois dans leurs yeux qui lui faisait appréhender cette fin de scolarité.
Son horreur à l’idée de se faire remarquer le maintenait dans une réussite « honnête » : il donnait l’impression de travailler, ce qu’il ne faisait pas du tout, mais il savait fournir un effort particulier quand c’était nécessaire. Il aurait détesté avoir de mauvaises notes. En principe, il devrait conserver ce système efficace jusqu’à la fin si l’ennui ne l’étouffait pas complètement d’ici là.
Les années se succédaient, teintées du même gris toujours aussi terne, mis à part l’enchantement du CM1. Il y avait eu des années plus gaies, quand il s’était trouvé avec de bons camarades et d’autres, sinistres et cruelles. La 5° avait été une horreur : on l’avait mis avec les moins bons élèves « pour qu’il les entraîne », il était dans la compagnie d’un autre, qui peinait durement pour atteindre ces mêmes résultats « honnêtes » ; on espérait qu’à eux deux, ils tireraient une cohorte d’élèves qui ne savaient rien, ne retenaient rien, se moquaient éperdument de ce qu’on tentait de leur apprendre et profitaient de leur supériorité numérique pour rire, parfois cruellement, des deux idiots soucieux de leurs notes. Ce cauchemar ne s’était pas renouvelé ; déjà, il s’était demandé s’il allait tenir toute l’année et il s’était offert quelques petites maladies bienvenues « pour faire un break » comme disent les grandes personnes. Son camarade n’avait pas tardé à se laisser couler, mais la lueur de nostalgie passant dans son regard quand il se souvenait de ses bons résultats d’antan faisait peine à voir.
En seconde, le ciel lui fit un cadeau inespéré. Une jeune fille qu’il ne connaissait pas, sage, raisonnable, l’air réfléchi, croisait souvent son regard. Il était sûr qu’elle aussi passait de longues heures dans ses pensées, mais ses réponses étaient toujours limpides et ses raisonnements bien construits.
Ils n’eurent pas besoin de se parler longtemps pour se reconnaître : la vie prenait enfin un sens.
Son regard gris bleu reflétait la sagesse de ceux qui ont dû affronter bien des frustrations, des jalousies et des malentendus, il pouvait y lire sa propre histoire, sans l’avoir pourtant jamais pensée aussi difficile ; il avait toujours cru que chacun devait suivre une route qui avait déjà été tracée et qu’il était donc inutile de se révolter. Sa nature ne l’y incitait pas et il avait vu les drames qu’entraînaient les rebellions de ceux qui s’accommodaient mal de l’ennui scolaire.
Elle aussi avait eu son rayon de soleil, en CE2, mais, par un manque de chance exaspérant, elle avait été très malade cette année-là et donc souvent absente. Le rayon de soleil lui avait au moins évité un redoublement, justifié par ses absences, mais qui aurait été absolument dramatique.
Ils travaillèrent ensemble, s’encourageant et s’entraidant, et c’est alors qu’il se rendit compte qu’il avait frôlé la catastrophe. C’est elle, appliquée et assidue, qui lui avait fait réaliser qu’il allait tout droit vers un désastre, peut-être irrémédiable, s’il continuait à appliquer son système : écoute distraite, rêves en abondance et coup d’œil distrait sur les leçons.
Ensemble, ils entrèrent en Prépa. Ils présentèrent les mêmes concours, chacun renforçant l’énergie de l’autre et le soutenant quand il faiblissait, ils avaient oublié l’ennui de leurs débuts, la souffrance de tant d’années perdues à ne rien faire, sinon à réprimer les marques d’une trop grande impatience et la douleur qu’elles infligeaient. Ils étaient heureux de constater qu’ils avaient, malgré tout, gardé un bon dynamisme, une curiosité d’esprit toujours en éveil et surtout le goût du bonheur.
Juillet 2009
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Faut-il
consulter un psy ?
par
le Dr Ladislas KISS
Vous
souffrez ? N’en parlez surtout pas à un psy.
Je me sens obligé d’apporter quelles précisions au
contenu de l’article (COURRIER INTERNATIONAL n° 669, p.
40-41) « » pour étayer la thèse du psychologue américain George
BONANNO sur les méfaits paradoxaux des psychothérapies et les bienfaits du
refoulement. Cette thèse qui n’est pas nouvelle est dans la droite ligne de
celle du concept de résilience tant à la mode et véhiculé par les mass-médias
comme mécanisme de défense plutôt «efficace» afin de « digérer »
« rapidement » certains traumatismes physiques et psychiques .
En effet, seul le recul malheureusement du temps permet aux
professionnels de mesurer l'importance de l’impact des traumatismes et de
mieux conceptualiser les éventuels facteurs pernicieux entretenant les troubles
constatés. Si le plus souvent,
passée une petite période de stress, tout semble rentrer dans l’ordre
«tranquillement», il est néanmoins constant d’observer à moyen ou
long terme (20 à 40 ans après)
des troubles de la structuration de la personnalité profonds que révèlera la
qualité de la vie relationnelle ultérieure du sujet ou des réactions
disproportionnées face à des évènements anodins de la vie quotidienne..
Il est tout de même important de préciser que
l’intervalle de
temps libre entre la constatation des troubles psychoaffectifs ou
comportementaux et certaines situations de traumatisme est parfois si grand
qu’il est souvent très difficile d’établir et d’affirmer ou d'infirmer
un lien de cause à effet. Pour plus d’information, nous invitons le lecteur
à se renseigner précisément sur les récents travaux statistiques (von
Boch-Galhau) faisant état de fortes corrélations entre l’observation de
troubles psychopathologiques et des situations de traumatismes difficilement vécues
dans leur réalité ou leur subjectivité.
Plus que des guerres d’opinions ou de pouvoirs, entre notamment
sociologues, psychologues, psychiatres et psychothérapeutes, nous souhaiterions
ardemment un vrai dialogue et de sérieux travaux synergiques entre
scientifiques et praticiens. Ils arriveraient
très certainement à dégager des constantes pathologisantes ou
favorables qui nous permettraient de mieux poser objectivement les limites à ne
pas dépasser en infirmant ou confirmant l’adoption
de certaines positions dans nos discours, attitudes ou comportements au cours de
la prise en charge des victimes de traumatismes.
En effet, quel penseur, psychothérapeute ou sociologue pourrait encore
aujourd’hui affirmer que les violences tant réelles que subjectives ne
laissent pas de traces ?
Peut-être quelques adaptes ayant mal compris Boris Cyrulnik qui nous
servent à qui mieux mieux la tarte à la crème de la résilience avec son «tricotage»
que tout un chacun s’empresse de récupérer comme bon lui semble afin de
pouvoir continuer à se voiler la face sur soi-même ou son entourage sans trop
se poser de questions dérangeantes. Ce concept, trop médiatisé, est selon
nous doublement pernicieux du fait d’un risque surajouté de récupération
par certains décideurs (politiques,
sociologues ou psychothérapeutes bien en vue)
qui tenteraient de justifier un laisser-faire au nom d’un «droit
à la différence» socio-éducative ou d’un devoir de «non-ingérence»
dans la vie privée des personnes et des familles. Serge Tisseron parle même
dans certains cas de « monstres dormants , adaptés et généreux,
tapis au creux de personnalités meurtries…jusqu’à ce que des
circonstances exceptionnelles les révèlent ».
Quant à nous, nous préférons des études plus objectives sur des bases
épidémiologiques sérieuses de longue haleine menées de concert par des équipes
interdisciplinaires encadrées par un esprit critique d’analyse de données
comme le fait très bien Jean Cottraux dans son domaine. En effet comme l’a
dit pertinemment Jean-Claude Lavie : «nous vivons entourés par des
ensembles conceptuels de toutes sortes, qui naissent, se maintiennent, s’épanouissent
et exercent, à notre insu, leur totale emprise sur nous» avec le risque de
nous trouver en fin de compte devant notre «perplexité à décider si la
tolérance doit tolérer l’intolérance.»
Espérons que les 150 000 dollars de la National Science Foundation
versé aux recherches de George BONANNO lui permettront d’observer sur
au moins 40 ans les victimes du 11 septembre pour éviter de lui faire dire
n’importe quoi sur le court terme. A moins que cet argent soit un jour versé
à des chercheurs capables d'étudier profondément le devenir des enfants
intellectuellement précoces en s'appuyant sur les colossales données collectées
depuis des décennies par les ministères de la défense et de l'éducation
nationale sur l'ensemble de la population française via leurs tests d'évaluation.
Un beau défi à relever qui permettrait d'appuyer encore mieux toutes les
actions nécessaires auprès des enfants, parents, enseignants , psy et
chercheurs pédagogues.
Docteur
Ladislas KISS
Les regrets
Arielle ADDA
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C’est le propre de la nature humaine de
nourrir d’incessants regrets : dès le plus jeune âge, l’existence
n’est faite que d’une séries de carrefours. Il faut se décider,
vite, sans prendre le temps d’examiner la situation, c’est un peu à
l’aveugle qu’on emprunte une route sans très bien savoir où elle
conduira, mais il n’est plus temps de réfléchir, il faut avancer à
tout prix, sinon le risque est grand de s’enliser et de rester embourbé
sur place, dans un état de totale impuissance, parce qu’il devient
alors impossible d’opérer un choix, les voies éventuelles se
multipliant à l’infini à mesure que la réflexion se prolonge.
Plus
que tout autre, l’enfant doué, et ensuite l’adulte doué, savent
mieux que quiconque combien il en coûte de devoir toujours se décider
dans l’urgence : l’acuité de leur coup d’oeil, leur envergure
intellectuelle leur font entrevoir sur-le-champ un bien plus grand
nombre de routes. Choisir, c’est alors renoncer et ces renoncements
s’accumulent au fil des ans, tissant un voile fait de tous ces deuils
jamais terminés.
Les personnes douées possèdent une plus grande
imagination, un attrait plus puissant pour des domaines tels que la poésie,
source d’images fulgurantes ouvrant des fenêtres sur des mondes
encore inconnus, et pourtant réels, et aussi le sens de la perfection :
toutes ces caractéristiques réunies permettent d’entrevoir ce qui
fut le paradis. La nostalgie de ce paradis perdu est donc plus grande
chez elles qui en ont une vision plus précise. Elle ne cesseront de
regretter ces images fugitives d’un bonheur difficile à connaître
dans notre univers d’incessants combats.
Déjà, au début de sa vie
sociale, l’enfant n’a pas d’autre choix que de se soumettre aux
directives qu’on lui donne : sa route est toute tracée et tant pis
pour lui si elle ne lui plaît pas.
Quand le tout jeune enfant entre à
l’école, il doit aussitôt renoncer à tout ce qu’il aimait : la présence
de sa mère, la façon gaie dont elle lui apprenait la vie, le bonheur
de vivre en symbiose avec quelqu’un en qui on a toute confiance.
L’enfant découvre la méfiance et, désormais, il ne l’oubliera
plus, mais comme il regrette l’abandon qu’il connaissait dans les
bras de ses parents !
Cette sensation particulière, il va la rechercher
sa vie durant, car ce regret-là ne peut s’oublier.
On dira donc
qu’il est anormalement accroché à sa mère parce qu’il est resté
très bébé.
Plus tard, au fil des ans et de sa scolarité, il commence
à regretter le « gai savoir » mentionné au cours de français, mais
dont il avait deviné l’existence, avant même de le lire. Il pensait
impossible que la connaissance s’acquiert uniquement de cette façon répétitive,
lassante, exaspérante dans ses piétinements, ses retours en arrière,
ses résumés tellement succincts qu’il ne voulaient plus rien dire et
n’offraient que des données arbitrairement et parcimonieusement
dispensées. Il se doutait bien que la découverte du savoir ne peut être
aussi ennuyeuse et aussi frustrante. Désormais, il a un faible pour
Rabelais.
On dira alors qu’il est insolent et contestataire, parce
qu’il demande des explications et interpelle ses professeurs, leur
laissant entendre qu’il se rend compte de la pauvreté de leur
enseignement.
Ces manques peuvent être comblés par des recherches
appropriées, ils ne sont pas dramatiques, mais il aurait été plus agréables
de se livrer à ces explorations dans la compagnie de toute la classe,
sous la directive d’un professeur enchanté de partager son savoir
avec ses élèves.
Pourtant, de tous les renoncements, le plus
douloureux est sans doute la perte d’un ami : les enfants souffrent
longtemps du départ au loin d’un ami qu’ils chérissaient. Quand
des enfants doués ont la chance de rencontrer un semblable, la
reconnaissance de l’autre s’opère presque instantanément et ils ne
cessent ensuite de savourer le plaisir d’être ensemble. Le déchirement
de la séparation laisse des traces longues à cicatriser. Le véritable
ami est irremplaçable.
Au quotidien, les regrets sont plus frivoles, même
si l’enfant doué leur confère un aspect dramatique, correspondant
mieux à sa nature passionnée. Il fait du piano, il regrette le violon,
il a choisi le judo, il regrette l’escrime, il va dans un atelier de
dessin, il aurait finalement préféré le théâtre. Ce qu’il laisse
entendre, c’est qu’il pourrait tout faire s’il ne perdait pas son
temps de si longues heures en assistant à des cours dont il connaît déjà
le contenu, mais les grandes personnes restent insensibles à cette
suggestion, elles disent qu’il doit se socialiser et expérimenter la
vie en groupe. Ses regrets, si véhéments soient-ils, sont considérés
comme des caprices.
C’est en apprenant à accepter les frustrations,
à dominer son chagrin, à se plier aux exigences de la réalité, en
renonçant à ses désirs, que l’enfant découvre qu’il existe des
sentiments tissés de nostalgie, de souhaits inassouvis, de chimères
jamais réalisées ; ce sont ces regrets qui vont nourrir ses rêves et
donner à sa personnalité son originalité propre, d’une richesse inépuisable,
toujours à la recherche d’une réponse apaisante aux demandes, sans
doute utopiques, accumulées au cours de l’existence.
Tous ces
regrets, qui se fondent dans une brume devenue lointaine, dessinent une
vie idéale, parfaite, emplie de désirs jamais exaucés, de projets
jamais concrétisés, de rencontres jamais abouties, de pays jamais
abordés, et, pour certains, de romans jamais écrits, de métiers
jamais exercés, mais où on aurait, à coup sûr, excellé. Cette
personne-là aurait connu une existence bien remplie, joyeuse et libre,
elle reste présente à l’arrière plan d’un quotidien parfois
morose et ouvre des échappées magiques et réconfortantes. Elle est
indispensable.
Malgré tout, l’issue finale restera toujours Regrets
Eternels
Juillet 2009
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