Sophie CÔTE   sophie-cote@orange.fr
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L'Education nationale et les enfants intellectuellement précoces

Il y a 20 ans, certains parents qui avaient décelé une grande vivacité d’esprit chez leurs enfants, osaient à peine en parler à leurs maîtres, surtout si ces mêmes enfants avaient de mauvais résultats scolaires.

Le rythme d’apprentissage trop lent pour ces élèves incitait parfois les parents à demander des sauts de classe et se voyaient répondre : « il n’est pas mûr» ou encore « S’il était aussi doué que vous le dites, il aurait de meilleurs résultats »

A ce jour, sous la pression des associations, les mentalités ont un peu évolué. L’Education nationale a fait des efforts. Il y a moins de réticence de la part de certains enseignants qui ont suivi des formations, ont assisté à des congrès sur la précocité, ont lu des essais et ont appris à reconnaître parmi leurs élèves, ceux qui avaient des aptitudes particulières.

Certains même ont compris que leurs propres enfants auraient aussi à gagner si le système leur était plus favorable : encore qu’eux avaient le mode d’emploi pour contourner les obstacles. Ne dit-on pas des enfants d’enseignants qu’ils  font partie des « héritiers » dans le domaine scolaire et universitaire.

Mais toutes les résistances n’ont pas encore disparu et de loin.

L’incompréhension, la jalousie parfois et surtout l’idéologie font encore barrage.  La plupart des gens  n’acceptent pas  ces enfants tels qu’ils sont et veulent les faire entrer dans des moules trop petits pour eux.

Qu’a fait l’Education nationale ?

Les ministres Jack Lang, et surtout Xavier Darcos ont fait tout ce qu’ils ont pu. On leur doit toutes les avancées actuelles, à savoir :

    ·        Reconnaissance de la précocité

    ·        Formation des enseignants

    ·        Un référent par Académie pour entretenir le dialogue avec les parents et les enseignants

    ·        Dérogation au secteur scolaire

Dans la circulaire, de la rentrée 2013 d’une vingtaine de pages, quelques lignes ont pris ces enfants en considération dans un paragraphe réservé "aux handicapés et aux enfants à besoins éducatifs particuliers".

Les dérogations au secteur scolaire pour besoins particuliers ont été quasiment supprimées, ce qui ne manquera pas de réjouir les écoles privées qui ne sont pas astreintes à la sectorisation.

Grande insistance a été faite sur le principe de la classe hétérogène.

Si ce principe est excellent en maternelle et en primaire, (un maître unique pendant 25 heures hebdomadaires), il est désastreux en collège où seules des classes spécifiques permettent aux enfants précoces d’aller à leur rythme. Comment au sein d’une classe hétérogène, un professeur pourrait-il prendre en compte en 55 minutes de cours, les différences de tous les élèves qui lui sont confiés ? et les élèves en difficulté devraient pouvoir bénéficier d'un effectif allégé - entre 13 et 15 élèves pour pouvoir réussir..

Tous les jours, on nous rebat les oreilles sur le besoin d’innovation, de création Quand on sait que 30% des enfants précoces sont en état d’échec en fin de troisième faute d’avoir été nourris convenablement et pour s’être ennuyés au point de tout lâcher en collège, on se demande pourquoi on se prive de ce vivier de cerveaux.

Depuis Langevin et Wallon, le collège est malade et tous les emplâtres, tels cauters sur jambes de bois, n’ont aidé ni les élèves en difficulté, ni les brillants élèves. L'hétérogénéité, le collège unique n'ont pas fait leurs preuves.

Les textes insistent sur la prise en charge des élèves en difficulté – y compris les enfants précoces - ce qui est tout à l’honneur de l’Education nationale, mais à l’époque où on attache tant d'importance "au principe de précaution", ne serait-il pas bon de faire aussi pour les EIP de la prévention de l’échec scolaire en respectant leur rythme d'apprentissage?

Tous les pays chouchoutent les enfants qu’ils n’ont pas peur d’appeler surdoués. Pourquoi pas nous ?